• C - Mais ne fais pas cette tête là, c'est comique, ta mère est géniale. Elle veut être grand-mère, c'est de son âge.

    JC - Il faut être une fille pour y voir une notion de comique.

    C - Attend, il y a tant et tant d'homos qui sont rejetés par leur famille, songe comme ils adoreraient que leur mère veuille créer une association pour aider les homosexuels à adopter.

    JC - Charlotte tu es aussi débile que ton frère. Merde, mais vous ne voyez rien ou quoi ?

    C - Je suis trop conne pour comprendre quoi ? Explique moi, toi qui es si intelligent.

    JC - Charlotte je ne baise pas avec ton frère.

    C - Et j'en suis ravie.

    JC - Moi aussi. Crois moi, moi aussi. Ma mère est comme un drone dont on a perdu le contrôle. Elle va s'écraser. Cela te fait marrer toi ?

    C - Jean Charles tu sais comme moi qu'elle a mille idées et n'en fait jamais rien. Tu te souviens quand j'ai dit que je me retirai de la troupe de théâtre. Tu te souviens de çà. Soizic et Oksana ne pouvaient pas se supporter à l'époque, donc l'annonce de mon départ a eu pour conséquence qu'elles ont voulu toutes les deux partir aussi. Et qu'a fait ta mère ?

    JC - Elle a convoqué toute la troupe à la maison, a annoncé qu'elle reprenait le poste, qu'elle allait même en devenir la couturière. Elle s'est inscrite à un cours de couture, s'est acheté une machine à coudre, une vingtaine de coupon de tissus, elle a dévalisé une bibliothèque rennaise spécialisée dans les pièces de théâtre, elle a  réquisitionné une pièce de la maison qu'elle nous a fait vider pour tout entreposer et ensuite elle est partie sur autre chose. La machine est toujours dans sa housse, les tissus, en tas dans un meuble et les pièces n'ont été lues que par toi, enfin pour certaines.

    C - Exactement. Ta mère n'est jamais venue à la moindre répétition. Madame ne se sentait jamais prête et n'a jamais rien fait pour le devenir. Elle apprend un truc, s'enflamme et le feu s’éteint aussi vite qu'il s'est allumé. Elle n'a pas aimé la prof de couture qui lui donnait des ordres alors qu'elle avait l'âge d'être sa fille, et la météo ne se prêtait pas à la lecture, donc elle n'a pas ouvert une seule pièce. C'est tout ta mère ça. Et tient le jour où elle a su que ton père, comme cinquante autres, allait peut-être rencontrer Bernard Hinault, elle a voulu que ton père se met au vélo pour qu'il ait du vocabulaire. Elle a dévalisé tout décathlon et ton père n'est toujours pas à fond la forme.

    JC - Oui mais là c'est différent. Cette fois il s'agit de moi.

    C - Jean Charles, c'est quoi exactement le problème ?

    JC - J'en ai marre. Nous sommes allés trop loin. Cela dur depuis trop longtemps. Merde elle me croit homo. ça me gave.

    C - Il faut que devant elle, Titouan et toi, vous vous engueuliez pour qu'elle croit que vous n'êtes plus ensemble. C'est aussi simple que cela. Ensuite pour passer d'homo à hétéro, tu sors avec une fille. Je peux prendre un nouveau téléphone pour t'écrire des sms enflammés, ça devrait plaire à ta mère çà. Tu me téléphoneras quand tu seras sûr que ta mère peut t'entendre. J'ai toujours adoré le prénom Diane.

    JC - Tu me crois vraiment incapable de plaire à une fille. Merci de me rabaisser, et merci de vouloir te sacrifier pour sauver l'infirme. Mais Diane ça ne va pas le faire, c'est un nom de chien.

    C - Tu es irascible aujourd'hui Jean Charles. Tu as rencontré quelqu'un ? C'est pour ça que tu es nerveux. Elle te plait autant  ? Tu as peur de la perdre déjà ?

    JC - Mais non mais écoute, je ne vais pas mentir toute ma vie à ma mère. Merde c'est ma mère.

    C - Tu nous lâches c'est ça ?

    JC - Putain Charlotte, c'est du sable moulant notre histoire. Tu ne vois pas comme on est tous en train de s'enliser actuellement. Je sais que ma mère en fait des tonnes pour rien ensuite, mais elle nous fait voir comme on déconne total. Il faudra bien assumer la vérité un jour. Ma mère c'est ma mère, donc tu t'en fous, ta mère tu t'en fous aussi, mais Lou-Evan, là c'est facile il ne parle pas, mais tu penses à la suite. Tu le regarderas dans les yeux toute ta vie pour lui mentir ? C'est ça l'avenir que tu envisages ? On va trop loin Charlotte. On doit se replier là.

    C - Tu es sérieux, je sais que tu es sérieux. Jean Charles tu es amoureux de quelqu'un ?

    JC - Lâche moi avec ça.

    C - C'est donc ça. Alors on est vraiment dans la merde, tu as raison. Titouan et toi vous devez rompre. Compte sur moi pour en parler à Titouan. Il ne va plus aller à la piscine chez tes parents pendant plusieurs jours, histoire d'alarmer ta mère et ensuite , je ne sais pas, il va débarquer pour que tu lui rendre quelque chose. Tu vas dire qu'il te l'avait donné, que c'est à toi, enfin, un truc comme ça, car il faut que le ton monte. Et tient, ensuite tu vas l'accusé de t'avoir trompé, et il va le reconnaitre. Enfin il faut que ta mère sache qu'il n'y a pas de réconciliation possible. J'en parle à Titouan dès ce soir. D'ailleurs, reste manger avec nous, comme ça on va pouvoir peaufiner le scénario.

    JC - Titouan va me détester.

    C - Non aucune chance, il sait ce que l'on te doit. Sans toi Lou-Evan ne serait pas né. Tu le sais ça. Tu es bien plus qu'un parrain pour lui, tu es celui grâce à qui il a pu naitre.

    JC - N'exagère pas trop, je ne lui ai pas donner mes pieds non plus.

    C - Je vois que tu retrouves ton humour. Elle en a bien de la chance. Elle se nomme comment ? Je la connais ?

    JC - Qui ?

    C - ton amoureuse, imbécile.

    JC  - Je ne suis pas amoureux.

    C - Ok donc elle s'appelle comment celle que tu n'aimes pas.

    JC - Ce n'est pas du tout ce que tu crois.

    C - Alors raconte moi que je ne sois pas obligée de faire comme ta mère, de tout inventer.

    JC - Je te raconte mais pas de question.

    C - Oui chef.

    JC - Depuis des années je suis sur une œuvre. Un truc super science fiction, un truc où toutes les lois, les codes, tout est différent d'ici.

    C - Ce n'est pas du tout ce à quoi tu nous as habitué jusqu'alors.

    JC - Ni question ni commentaire.

    C - Oui chef.

    JC - Peste.

    C - Donc...

    JC - Donc j'ai tout inventé.

    C - ça j'ai compris, les arbres ne sont plus des arbres mais des némasifs, les créatures ne sont plus des rats mais des glucos, et la planète et bien elle, elle c'est la planète ... vextrass du système VGX 49 HK.

    JC - Je vois que tu as compris le principe.

    C - Et alors quel rapport avec la femme que tu n'aimes pas ?

    JC - Ne l'appelle pas comme ça. Elle je m'en fous, mais elle a un tatouage. Tu as vu le tatouage d'Yvane*.

    C - Yvane a un tatouage !

    JC - Ses doigts, tu n'as jamais vu ses doigts. Putain on ne voit que ça. Sa main gauche, sur ses phalanges elle n'a pas des bagues, elle a des lettres tatouées.

    C - A oui c'est vrai. C'est bien fait, de loin on dirait des bagues mais oui si on regard de près, ce sont des lettres, une par doigt.

    JC - OVIG.

    C - Cela veut dire quoi ?

    JC - Bonne question.

     

     

     * C'est elle qui sera le personnage principal du roman "Kumara". Roman qui débutera à la fin rédactionnelle de "Mon fils". Nous y retrouverons également Jean Charles... Et Billy que vous ne connaissez pas encore.


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