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    Paris

    Le 16 Mars 2016.

     

    Cole,

     

    Je suis chez toi et tu n'es pas là. C'est con je sais mais ton absence, ce grand appartement vide, c'est comme une gifle que j'aurais reçue. Pas une seconde je ne m'étais dit "attention il peut ne pas être là". Tout le temps du voyage j'ai roulé vers toi. Avant j'avais fait mes valises pour aller à toi.

     

    Et c'est le vide, le silence qui m'ont accueilli de leurs bras glacés. Toute ma joie et je te jure qu'elle était concentrée, est tombée sur le paillasson que ta porte n'a pas.

     

    L'an passé quand nous avions évoqué le salon du livre tu m'avais promis que tu me laisserais l'appartement, mais j'avais oublié, et toi aussi tu l'avais oublié car tu as écrit dans ta lettre que je pourrais résumer du mot VIENS, que tu serais là tout le mois de mars.

     

    Nous sommes au cœur de mars et le mien a de la peine. Où es tu Cole ? Pourquoi n'es-tu pas là ?

     

    Je ne m'attendais pas à ce que tu m'accompagnes chaque jour au salon du livre mais je te voulais chez toi. Je m'étais même imaginée le rater un peu pour demeurer avec toi. Quelle sotte ! Tu n'es pas chez toi.

     

    Enfin chez moi, ou plutôt chez nous.

     

    J'ai très très bien compris ce que tu m'as expliquée. Ton grand-père a voulu te faire entrer dans les sociétés Welch pour en éloigner son fils Charles et en garder le contrôle via toi sa marionnette de paille. Avec celui-ci, à la mort de William, tu as passé un marché. Charles récupère les pleins pouvoirs des entreprises, et toi tu gagnes l'orphelinat et deux trois autres choses donc l'appartement avenue Foch. Pour l'appartement le contrat stipule que seuls toi et une personne de ton choix avez le droit d'y vivre et ce jusqu'au 11 avril 2065 soit jusqu'au jour de tes cent ans. Si tu meures avant, l'autre personne peut désigner une tiers personne pour te remplacer, etc. En Conclusion jusqu'au 11 avril 2065 seuls deux personnes sont occupants de l'appartement mais  toutes les factures liées à l'appartement sont payables par la famille Welch. Autrement dit mon spacieux cadeau de noël : Merci Charles et si je veux une bibliothèque pour trois mille livres : Merci d'avance Charles Welch aussi.

     

    J'ai compris tu vois Cole, j'ai un très grand chez moi gratuit mais je n'ai pas compris pourquoi tu m'as nommée moi. Je t'aime. L'expression est banale et insipide elle me semble tellement au dessous de ce que j'éprouve pour toi, cependant si les rôles avaient été inversés, je n'aurais toujours pas additionné ton nom au mien. La franchise manque de délicatesse et encore plus de noblesse comme souvent. Pardon.

     

    Tu as couché mon nom sur le papier avant de m'avoir donné ton nom de famille. Tu es sidérant comme homme.

     

    Je vois encore, non, je ressens encore la puissance de tes yeux noirs qui pénètrent en moi quand tu m'as dis "parce que tu es ma femme". Et tes mains, tes paumes, tes doigts qui enserrent mon visage pour m'obliger à absorber jusqu'à la lie l'énergie de la déclaration.

     

    Tu as posé mon nom au côté du tien, mi avril 2015,  parce que je suis ta femme.

     

    C'est une chose de le lire, c'en est une autre de l'entendre.

     

    Dans tes yeux, dans ta voix, dans ton corps d'ailleurs il y avait de la fermeté comme si le message n'était pas "tu es ma femme" mais "mets toi dans le crâne que tu es ma femme". Il en est aussi, sujet clos.

     

    Oui tu es un être sidérant. Autre exemple. A l'opposé. Il y avait tellement de velours dans ta voix quand tu m'as répondu "non merci" alors que l'annonce était glaciale en soi. Dans la voiture BlaBlaCar qui me ramenait chez moi je les ai ruminés longtemps ces deux mots. Non Merci. Je te propose de t'appeler à mon arrivée. NON MERCI. Aujourd'hui je suis convaincue que tu ne veux pas que je possède ton numéro de téléphone. Pourtant ce soir j'aurai aimé pouvoir t'appeler pour à mon tour te dire VIENS.

     

     

    Je t'écris de la cuisine d'où j'ai le plus admiré tes cheveux. Il y a tant et tant d'hommes qui se rasent le crâne, toi tu as les cheveux qui descendent jusqu'aux épaules. J'adore ça. Tu n'imagines pas comme je me suis retenue d'y passer les doigts.

     

     

    Je vais laisser cette lettre sur la table car tout au fond de moi et en surface aussi, je rêve que tu sois juste en rendez-vous non loin d'ici et que tu vas rentrer dormir, que demain je te retrouverais dans la cuisine en train de te préparer ton épouvantable petit-déjeuner. Tartines de camembert pour tremper dans ton café beaucoup trop concentré et des œufs au lard fumé.

     

    Bonne nuit Cole où que tu sois.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 08:17

    Il va venir notre ami Cole ou bien c'est du "tout réfléchi" de sa part ?

    2
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 18:29

    Selon toi il va faire quoi ?

    M va le voir ou non ?

    Il est où selon toi ?

    Tu es un mec, tu le comprends peut-être mieux que M.

    3
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 19:03

    Ouais, je suis moins tordu je pense ! Selon moi, il n'est pas loin, mais de la à ce qu'elle le voit ... Petit jeu de dupes ...

    4
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 19:06

    tu le crois pervers !!!

    5
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 19:16

    Pervers non, "tordu" oui. Peut être même un peu maso ...

    6
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 20:31

    Pauvre Cole.

    Moi je le dirais trop exigeant.

    7
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 20:39

    Tu ne crois pas que son exigence (en effet il l'est) tourne un peu à l'obsessionnel .... ?

    8
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 23:01

    Ta réponse me prouve que nous n'avons pas placé son exigence sur le même plan. Attends la suite.

    Non il n'est pas obsessionnel, il est constant.

    9
    Vendredi 2 Septembre 2016 à 23:20

    J'attends ... C'est certain qu'il est plus stable que Mickaelle ...

    10
    Samedi 3 Septembre 2016 à 12:19

    Nous sommes d'accord.

    Un menhir & un genêt.

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