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    Dimanche 22 Mars 15.

     

    Monsieur Tchig,

     

    Le mois de février achevé, je me suis dit "fini, il ne répondra pas".

    J'en ai même ris. De moi, évidemment, de moi.

     

    J'ai passé tant de temps pour au final une lettre toute aussi mauvaise que les autres, mais lettre que j'ai eu le courage de poster début janvier. Et tout ça pour un mépris de vous. Ne le prenez pas mal mais oui j'ai pensé mépris. Je ne me souviens plus des mots qui ont volé jusqu'à vous, j'en ai trop écrits, mais tous portaient la marque de mon désir de bien faire. Aussi oui j'ai vu votre silence tel un mépris.

     

    Nous avons tous le même travers, on croit toujours que les autres nous doivent, comme si ils étaient prolongement de nous. Logique aussi absurde qu'humaine.

     

    J'ai vécu janvier et février ballotée entre le sentiment de mépris, donc, de rejet de votre part et une petite voix de sagesse qui me rappelait que vous ne me devriez rien. Petite voix à laquelle toujours je répondais un "oui mais tout de même" qui me ramenait au mépris.

     

    Et puis mars est arrivé avec la mort de  Poyang. Avec lui s'éteignait la G2. La peine a enterré le mépris. Et je n'ai plus pensé à vous. J'ai même mis l'une des photos de la G2 en page bureau et ainsi ai-je du enlever votre hameau si beau de mon ordinateur. J'avoue, sans honte, depuis mon retour de vacances cette merveille était ma page bureau. Pas sur l'ordi de l'agence, sur celui de la maison. Sur celui de l'agence je crois que jamais je ne pourrai enlevé Koa bébé, non que je sois de nature à vivre dans le passé mais parce qu'il est le démarrage de tout.

    Là je coule dans le hors sujet, je m'en rends bien compte.

     

    J'écrivais donc que mars venu, je ne vous attendais plus. Vos mots, je veux dire vos mots.

    Et ils sont arrivés.

    L'enveloppe m'a éveillé, la froideur, non la sécheresse du texte m'a giflé et le ps m'a  figée. Je m'en suis assise dans l'escalier. Pas l'escalier commun, ceux juste après ma porte d'entrée. Oui c'est ainsi chez moi, je vis au second mais la porte de mon appartement se situe au premier. Me voilà retombée dans le hors sujet.

     

    Donne moi quelque chose de toi ou n'écris plus.

    Qu'aviez vous voulu écrire là ?

    Ma première idée fut que vous vouliez un objet. Soumisse (une fois debout) j'ai fait le tour de l'appartement pour regarder autour de moi et choisir un objet. Mais une colère m'a libérée de ma soumission. " Pourquoi devrais-je lui offrir quoique ce soit ? Il est qui ce type pour exiger? "

     

    Alors j'ai relu votre phrase et j'ai vu le de  que j'avais du prendre pour un a. Quelque chose de moi non quelque chose à moi, m'appartenant.

     

    Avec cette nouvelle version il m'a semblé évident que vous attendiez une mèche de mes cheveux. Moi qui ne les coupe jamais, moi qui y tient tant. Qu'avais-je de plus précieux qu'eux ? Rien donc vous les vouliez, au moins en partie. Non cela n'allait pas être possible. Même une simple mèche. NON. J'avais l'impression que vous m'aviez percée à nue, que vous saviez l'importance qu'ont mes cheveux pour moi et que vous me mettiez à l'épreuve. Vous ne pouviez pas imaginer comme vous m'avez bouleversée. Merci pour la nuit blanche.

    Je ne m'en suis sortie que par la colère. Colère tant contre vous que moi.

    Comment avais-je pu me trompée autant ?

    La colère m'a fait tenue tout le seconde partie de la semaine.

     

    Ce soir, j'ai ressorti les photos du 23 Août 14, Je me suis retrouvée sur ce sentier qui mène à votre hameau de la Zattig, j'ai revécu mes pieds sur le sol dur, j'en ai repris plein les yeux et j'ai su que la vérité était née ce jour là.

    Je suis donc revenue vers votre lettre,  et j'ai lu enfin vraiment cette phrase énigmatique.

    Donne moi quelque chose de toi ou n'écris plus.

    Enfin elle me fut limpide.

     

    J'ai de vous la force de vos montagnes, la constance de votre ouvrage, la sagesse de votre ermitage et vous vous n'avez rien. Rien de moi.  Enfin si vous avez déjà ma patte de mouches assurément empreinte de trop de fautes d'orthographe. Mes lettres sont des premiers jets, non des textes écrits à l'ordinateur ou sur un brouillon bien recopiés pour être expédiés.

     

    Que puis-je vous offrir de moi ? Une simplicité qui me résume ? Un secret profond qui marque ma vie ? Un rêve réalisé ou un jamais osé ? Quelque chose qui me flatte ou qui m’enlaidit ?

     

    Sans savoir pourquoi, à l'instant, alors que je suis encore dans les questions ci-dessus,  je pense à un stage que j'ai fait voilà quelques années. Un stage de communication. Un moment l'animatrice a dit ceci  (enfin l'idée était cela, je n'ai pas retenu les termes exactes) :

     

    Nous sommes tous les mêmes,

    avant de recevoir des gens chez nous,

    nous faisons un grand nettoyage ....

     

    En articulant le mot nettoyage elle avait les yeux sur moi et elle a donc observé mon étonnement. Elle a stoppé sa réflexion pour me demander ce qui m'étonnait dans ses propres. Je lui ai dit que moi, je vivais à l'envers. Jamais je ne nettoyais avant de recevoir, mais par contre, limite je désinfectais tout dès leur départ. La réaction collective m'a bien fait comprendre que je n'étais pour eux qu'un extra-terrestre.

     

    Voilà je vous donne cet aveu :

    Je suis de ceux qui vivent à l'envers. Il est vrai que bien plus souvent je mange les fruits en entrées qu'en dessert.

     

    Respectueusement,

    Mickaelle.

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 22 Mai 2016 à 08:11

    Ah ah. Quelques traits de personnalité de Mickaelle qui ressortent. Mais beaucoup de questions aussi. A qui avons nous affaire ? La g2, koa, poyang etc ? J'ai bien aimé le nettoyage après avoir reçu du monde ...  

    2
    Dimanche 22 Mai 2016 à 12:14

    Qu'est ce que la G2 ?

    Ton imaginaire t'inspire quoi ?

    3
    Dimanche 22 Mai 2016 à 19:37

    Ben non :"Et puis mars est arrivé avec la mort de  Poyang. Avec lui s'éteignait la G2. La peine a enterré le mépris"

    4
    Dimanche 22 Mai 2016 à 20:41

    Oui oui je connais ma phrase.

    Je te demandais si tu pensais à quelque chose. Quand on lit un livre parfois (en tout cas moi) j'imagine la suite même si je découvre ensuite combien je suis à côté de la plaque. Idem pour les films.

    5
    Lundi 23 Mai 2016 à 07:13

    Ok, j'étais pas frais (il faut dire que je me suis fait mordre vilainement par un des minous et que j'ai la main en pantoufle).

    La "g2" ça me fait penser au nom d'une bande de copains d'enfance

    6
    Lundi 23 Mai 2016 à 14:18

    Une bande de copains d'enfance. Tu enlèves enfance et tu es dans l'idée.

    7
    Lundi 23 Mai 2016 à 14:31

    Alors on va attendre ... et puis le "g" il doit pas être pour rien (ni le 2)

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    8
    Lundi 23 Mai 2016 à 20:31

    En effet G = un signification tout autant que le 2.

    Tu commences à connaitre mon cerveau.

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