• J'ai totalement merdé sur ce coup là. Jamais je n'aurai dû lui parler d'Ovig. Charlotte est bien une fille, elle ne peut pas penser qu'un mec puisse songer à une meuf, sans que derrière, il y ait une histoire de fesses. Et encore, je suis poli.

     

    Yvane ! Comment pourrais-je vouloir mettre Yvane dans mon lit ? Ok elle est bien conservée, elle a de beaux restes, mais elle est vieille. Si j'étais vieux, je ne dis pas, je pourrais même la trouver pas mal. Peut-être. J'en sais rien. Mais je me fous de son cul, je ne l'ai même jamais regardé. Je ne passe pas mon temps à la zyeuter. Je ne l'aurai  jamais sortie de la masse si elle n'avait pas eu son tatouage.

     

    Bordel, c'est dingue cette histoire ! Comment elle a pu faire un truc pareil ? Depuis trois ans, je passe des heures, des mois à créer tout un univers, à inventer des mots, à vérifier sur internet qu'ils ne sont pas déjà existants et BOOM un jour, une fille se pavane devant moi avec le nom de la femelle principale. Il y a de quoi devenir dingue. Bonjour la provoc !

     

    Merde, je ne peux tout de même pas aller la trouver pour la questionner. Je ne veux pas lui parler de mon oeuvre. Si en plus elle est chiante comme Charlotte, je vais subir un interrogatoire, limite, la chienne, elle va vouloir me tirer les vers du nez avant de me raconter qui est Ovig pour elle.

     

    J'ai vraiment merdé sur ce coup là. Maintenant Charlotte va inventer je ne sais quoi à Titouan et ce qu'elle va raconter à Yvane sera encore pire.

     

    Jean Charles tu es un con. Aussi à la masse que ton frappé de frère. Qu'il pourrisse en enfer celui-là. Bordel, pourquoi je ne peux pas vivre sans m'y référer tout le temps ?

     

    Je déconne plein tube, là.

    Sérieux, je fais des tonnes de rien, je suis comme ma mère.

     

    Soyons logique. Rationnel. Zen.

    Ok, j'ai inventé des mots que je veux garder top secret et j'ai eu le sentiment d'avoir été violé quand j'ai vu Ovig sur sa main, mais je me monte le truc. Elle ne sais rien de tout ça, elle ne me connait même pas. Son tatouage, elle l'a depuis combien de temps, d'ailleurs ? Dix ans ? Quinze ans ? Je n'étais peut-être même pas né quand elle l'a fait. Enfin si tout de même, elle n'a pas l'âge d'être ma grande-mère. Elle n'a pas l'age de maman non plus. Je ne crois pas. Avec les couches de peintures certaines font illusion. Ce qui est sûre c'est que son tatouage doit être plus ancien que ma BD. L'essentiel pour moi ne doit être que détail pour elle. Enfin non, on ne tatoue pas un détail, Yvane n'est pas nulle à ce point là.

     

    Pour les filles, les trucs essentiels sont forcément des trucs affectifs. Elles n'ont rien de rationnel. Elles ne comprennent rien à l'engagement, au valeur, pour elles tout passe par le coeur. Même le prix des carottes, l’assaisonnement de la soupe.

     

    Ce n'est même pas la peine que je rencontre Yvane pour savoir qui est Ovig pour elle. Je le sais déjà. Elle va me dire que quand elle était petite, elle adorait son chien. C'est lui Ovig : l'inoubliable cabot. Ou alors c'est un chat. Les filles aiment les chats.

     

    La pire réponse qu'elle pourrait me donner : Ovig son rat adoré. Purée une gamine fan de rats, ça en jette.

    Oh là ! Si elle raconte ça à Charlotte je suis très mal. Elle va lui développer en long, en large et en travers, que j'ai chialé comme un môme la semaine dernière suite à la mort d'Effiloche. Elle va baver que je panique grave quand j'observe Luciole toute seule, toute triste. Tu vas voir, qu'elle va me dire que Yvane comprend ma peine. Merde elle est bien cap de nous inviter à manger chez elle, histoire de nous maquer.  Les chimères des filles, parfois c'est l'enfer. Pas de doute, être homo présent un max d'avantages.

     

    Sauf au lit .

    Mais qu'est-ce que j'en sais ?

    Merde c'est la rage, puceau à vingt cinq balais.

    Putain, je ne suis pas assez miséreux pour aller voir des putes, quand même.

    Ni pute - ni alcool - ni drogue.

    Je n'ai pas crevé dans l'accident, ce n'est pas maintenant que je vais me foutre en l'air.

    Plaisirs solitaire : voir tout ce qui t'est interdit.

    Pourriture de cercle vicieux.

    Ne pas y pénétrer - Jamais.

     

     

    J'ai totalement merdé sur ce coup là. Jamais je n'aurai dû parler de Yvane à Charlotte, elle ne va plus me lâcher avec ça maintenant. Les filles sont des glus. Tu leur parles d'un truc, dix ans plus tard, elles t'en parlent encore. Ce ne sont pas des cerveaux qu'elles ont, c'est un centre d'archives.

     

    Je vais avoir l'air con maintenant. Charlotte va lui raconter que je fantasme sur elle. J'ai vraiment, vraiment merdé sur ce coup là.

     

    Zen.

    Calme et rationalité.

     

    Non, mais non, Charlotte ne parlera pas à Yvane.

    Charlotte a trop peur que sa petite vie cousue de mensonges explose. Elle a déjà oublié le tatouage, elle n'a retenu que ce qui la concerne : son secret inavouable. Là elle doit être en train de me cracher dessus, de m'accuser de manquer de loyauté. 

    Comme si je devais sacrifier ma vie pour elle. Elle s'en fout de moi, elle ne pense qu'à elle. Je suis juste un gardien du temple, un garde du corps. Mes états d'âme, elle ne s'en préoccupe pas, je suis juste là pour ses besoins.

     

    Putain !

    Potes parce qu'utile.

    C'est beau l'amitié quand on y pense !

    Tu vas dans le même sens que moi : je t'adore.

    Tu fais un pas de côté : traitre, tu peux te casser.

    Oui c'est vraiment une invention de merde, l'amitié. Il n'y a pas plus d'amitié sur Terre que d'amour, il y a juste des agglomérats  de trouillards, des  pauvres pommes qui paniquent de grelotter seuls. Vraiment vaseux l'humain !

     

    Mais elle croit quoi, que son fils est un con. Il vit entre Titouan et elle. Il a des yeux pour voir, des oreilles pour entendre. Si elle croit qu'il ne va pas savoir avec qui couche sa mère. Bien sûr qu'il va le savoir, il le sait déjà. Titouan me l'a souvent dit qu'il dort avec eux, souvent. Pour l'heure il ne parle pas, mais après, quand il parlera, il va lâcher le morceau.

     

    Quand Andrée  l'emmènera au bac à sable, quand elle le prendra pour le week-end où une soirée, qu'il passera un après midi avec sa grand-mère, elle croit quoi Charlotte, qu'il gardera ce qu'il a vu et entendu pour lui ? Mais un môme ne sait pas taire un secret pour la bonne raison qu'il ne peut pas en comprendre la raison. Les mômes vivent dans la vérité. ça gave les secrets. C'est une invention d'adultes, le secret. Les mômes assument tous. Les mômes sont libres d'eux. Grandir c'est s'engluer dans des peurs. Vieillir c'est passer son temps à construire des murs de protection pour lutter contre des envahisseurs. Que de débilité ! L'ennemi majeur est en nous, non en un autre que nous.

    Mais pourquoi mes meilleurs amis sont deux nigauds, deux trouillards ?  Suis-je si bas de gamme ? Putain oui. Je ne serais pas puceau sinon.

    C'est comique quand on y pense. Je ne baise pas et j'en crève. Eux le font et en crève aussi. Quelle bande de blaireaux nous sommes !

     

    Je ne comprends même pas comment il est possible que je sois le seul à avoir compris. Oksana est toujours fourrée chez Charlotte. Cette fille ne doit penser qu'à son nombril pour ne pas savoir qui est le père de Loulou. Quand elle rencontre Charlotte, ce ne doit être que deux monologues, deux lignes parallèles. Charlotte qui baratine sur les prouesses de son bébé et Oksana qui déplore que ses fesses n'attirent les mains d'aucun mec. Enfin il parait que maintenant elle fricote avec Georgic. Il faut vraiment qu'elle est faim.

     

    Comment personne n'a encore compris ? Il faut vraiment ne pas vouloir savoir pour l'ignorer encore.


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  • C - Mais ne fais pas cette tête là, c'est comique, ta mère est géniale. Elle veut être grand-mère, c'est de son âge.

    JC - Il faut être une fille pour y voir une notion de comique.

    C - Attend, il y a tant et tant d'homos qui sont rejetés par leur famille, songe comme ils adoreraient que leur mère veuille créer une association pour aider les homosexuels à adopter.

    JC - Charlotte tu es aussi débile que ton frère. Merde, mais vous ne voyez rien ou quoi ?

    C - Je suis trop conne pour comprendre quoi ? Explique moi, toi qui es si intelligent.

    JC - Charlotte je ne baise pas avec ton frère.

    C - Et j'en suis ravie.

    JC - Moi aussi. Crois moi, moi aussi. Ma mère est comme un drone dont on a perdu le contrôle. Elle va s'écraser. Cela te fait marrer toi ?

    C - Jean Charles tu sais comme moi qu'elle a mille idées et n'en fait jamais rien. Tu te souviens quand j'ai dit que je me retirai de la troupe de théâtre. Tu te souviens de çà. Soizic et Oksana ne pouvaient pas se supporter à l'époque, donc l'annonce de mon départ a eu pour conséquence qu'elles ont voulu toutes les deux partir aussi. Et qu'a fait ta mère ?

    JC - Elle a convoqué toute la troupe à la maison, a annoncé qu'elle reprenait le poste, qu'elle allait même en devenir la couturière. Elle s'est inscrite à un cours de couture, s'est acheté une machine à coudre, une vingtaine de coupon de tissus, elle a dévalisé une bibliothèque rennaise spécialisée dans les pièces de théâtre, elle a  réquisitionné une pièce de la maison qu'elle nous a fait vider pour tout entreposer et ensuite elle est partie sur autre chose. La machine est toujours dans sa housse, les tissus, en tas dans un meuble et les pièces n'ont été lues que par toi, enfin pour certaines.

    C - Exactement. Ta mère n'est jamais venue à la moindre répétition. Madame ne se sentait jamais prête et n'a jamais rien fait pour le devenir. Elle apprend un truc, s'enflamme et le feu s’éteint aussi vite qu'il s'est allumé. Elle n'a pas aimé la prof de couture qui lui donnait des ordres alors qu'elle avait l'âge d'être sa fille, et la météo ne se prêtait pas à la lecture, donc elle n'a pas ouvert une seule pièce. C'est tout ta mère ça. Et tient le jour où elle a su que ton père, comme cinquante autres, allait peut-être rencontrer Bernard Hinault, elle a voulu que ton père se met au vélo pour qu'il ait du vocabulaire. Elle a dévalisé tout décathlon et ton père n'est toujours pas à fond la forme.

    JC - Oui mais là c'est différent. Cette fois il s'agit de moi.

    C - Jean Charles, c'est quoi exactement le problème ?

    JC - J'en ai marre. Nous sommes allés trop loin. Cela dur depuis trop longtemps. Merde elle me croit homo. ça me gave.

    C - Il faut que devant elle, Titouan et toi, vous vous engueuliez pour qu'elle croit que vous n'êtes plus ensemble. C'est aussi simple que cela. Ensuite pour passer d'homo à hétéro, tu sors avec une fille. Je peux prendre un nouveau téléphone pour t'écrire des sms enflammés, ça devrait plaire à ta mère çà. Tu me téléphoneras quand tu seras sûr que ta mère peut t'entendre. J'ai toujours adoré le prénom Diane.

    JC - Tu me crois vraiment incapable de plaire à une fille. Merci de me rabaisser, et merci de vouloir te sacrifier pour sauver l'infirme. Mais Diane ça ne va pas le faire, c'est un nom de chien.

    C - Tu es irascible aujourd'hui Jean Charles. Tu as rencontré quelqu'un ? C'est pour ça que tu es nerveux. Elle te plait autant  ? Tu as peur de la perdre déjà ?

    JC - Mais non mais écoute, je ne vais pas mentir toute ma vie à ma mère. Merde c'est ma mère.

    C - Tu nous lâches c'est ça ?

    JC - Putain Charlotte, c'est du sable moulant notre histoire. Tu ne vois pas comme on est tous en train de s'enliser actuellement. Je sais que ma mère en fait des tonnes pour rien ensuite, mais elle nous fait voir comme on déconne total. Il faudra bien assumer la vérité un jour. Ma mère c'est ma mère, donc tu t'en fous, ta mère tu t'en fous aussi, mais Lou-Evan, là c'est facile il ne parle pas, mais tu penses à la suite. Tu le regarderas dans les yeux toute ta vie pour lui mentir ? C'est ça l'avenir que tu envisages ? On va trop loin Charlotte. On doit se replier là.

    C - Tu es sérieux, je sais que tu es sérieux. Jean Charles tu es amoureux de quelqu'un ?

    JC - Lâche moi avec ça.

    C - C'est donc ça. Alors on est vraiment dans la merde, tu as raison. Titouan et toi vous devez rompre. Compte sur moi pour en parler à Titouan. Il ne va plus aller à la piscine chez tes parents pendant plusieurs jours, histoire d'alarmer ta mère et ensuite , je ne sais pas, il va débarquer pour que tu lui rendre quelque chose. Tu vas dire qu'il te l'avait donné, que c'est à toi, enfin, un truc comme ça, car il faut que le ton monte. Et tient, ensuite tu vas l'accusé de t'avoir trompé, et il va le reconnaitre. Enfin il faut que ta mère sache qu'il n'y a pas de réconciliation possible. J'en parle à Titouan dès ce soir. D'ailleurs, reste manger avec nous, comme ça on va pouvoir peaufiner le scénario.

    JC - Titouan va me détester.

    C - Non aucune chance, il sait ce que l'on te doit. Sans toi Lou-Evan ne serait pas né. Tu le sais ça. Tu es bien plus qu'un parrain pour lui, tu es celui grâce à qui il a pu naitre.

    JC - N'exagère pas trop, je ne lui ai pas donner mes pieds non plus.

    C - Je vois que tu retrouves ton humour. Elle en a bien de la chance. Elle se nomme comment ? Je la connais ?

    JC - Qui ?

    C - ton amoureuse, imbécile.

    JC  - Je ne suis pas amoureux.

    C - Ok donc elle s'appelle comment celle que tu n'aimes pas.

    JC - Ce n'est pas du tout ce que tu crois.

    C - Alors raconte moi que je ne sois pas obligée de faire comme ta mère, de tout inventer.

    JC - Je te raconte mais pas de question.

    C - Oui chef.

    JC - Depuis des années je suis sur une œuvre. Un truc super science fiction, un truc où toutes les lois, les codes, tout est différent d'ici.

    C - Ce n'est pas du tout ce à quoi tu nous as habitué jusqu'alors.

    JC - Ni question ni commentaire.

    C - Oui chef.

    JC - Peste.

    C - Donc...

    JC - Donc j'ai tout inventé.

    C - ça j'ai compris, les arbres ne sont plus des arbres mais des némasifs, les créatures ne sont plus des rats mais des glucos, et la planète et bien elle, elle c'est la planète ... vextrass du système VGX 49 HK.

    JC - Je vois que tu as compris le principe.

    C - Et alors quel rapport avec la femme que tu n'aimes pas ?

    JC - Ne l'appelle pas comme ça. Elle je m'en fous, mais elle a un tatouage. Tu as vu le tatouage d'Yvane*.

    C - Yvane a un tatouage !

    JC - Ses doigts, tu n'as jamais vu ses doigts. Putain on ne voit que ça. Sa main gauche, sur ses phalanges elle n'a pas des bagues, elle a des lettres tatouées.

    C - A oui c'est vrai. C'est bien fait, de loin on dirait des bagues mais oui si on regard de près, ce sont des lettres, une par doigt.

    JC - OVIG.

    C - Cela veut dire quoi ?

    JC - Bonne question.

     

     

     * C'est elle qui sera le personnage principal du roman "Kumara". Roman qui débutera à la fin rédactionnelle de "Mon fils". Nous y retrouverons également Jean Charles... Et Billy que vous ne connaissez pas encore.


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  • L'abcès a explosé et rien. Enfin si quelque chose : je tousse tout le temps. C'est étrange, en sortant de chez Andrée je me suis mise à tousser et depuis trois jours je n'arrête plus. Quelque chose au fond de la gorge me brûle.

     

    Je me souviens d'une histoire vraie que Mickaelle m'avait racontée après l'avoir lue. Je ne sais pas pourquoi elle m'avait tant marquée. Peut-être parce que moi aussi je passe devant un garage, enfin, je passais, devant un garage pour aller au travail.

     

    Un soir une femme annonce à son mari qu'elle le trompe avec l'ouvrier du garagiste. Le mari n'a aucune réaction sur l'instant. Le lendemain quand il  passe en voiture devant le garage où travaille l'amant, en une fraction de seconde, il perd la vue. Un voile rouge masque sa vision.  Plus de relief, plus d'ombres et lumière, plus d'espaces, juste du rouge, un écran rouge. Il parvient à se garer sans avoir d'accident. C'est un miracle. Les minutes, les heures, les jours passent, le rouge plein demeure. Aucune dilution, aucune forme ne se dessine. Juste du rouge. Un rideau lisse rouge.  Il consulte un, deux, trois spécialistes, rien, ses yeux sont normaux, parfaitement normaux, pourtant il ne voit  que du rouge. Le temps se prolonge. Le rouge maintient son imposition de cécité. Les pages du calendrier tombent, les psychiatres ne lui sont d'aucune utilité.

    Finalement un homme lui fait reprendre l'histoire à son début. Il était une fois un homme au volant de sa voiture, un homme aux yeux parfaitement voyants. Au kilomètre X, BOOM rouge total.

    Question : Où était-ce ?

    Réponse : Au niveau du garage.

    Question : Quand on est au niveau du garage, que peut-on voir de rouge ?

    Réponse : les cheveux de l'ouvrier.

    Question : Qui est cet homme pour vous ?

    Réponse : L'amant de ma femme.

    Aussi soudainement qu'il avait perdu la vue, le mari trompé la retrouve. Comprendre tut la souffrance.

    Quand sa femme lui avait annoncé sa liaison, il n'avait rien vouloir accepter. Son corps lui a donc fait perdre la vue, pour le faire réaliser à quel point il s'aveuglait, comme un tel comportement était préjudiciable pour lui. Parvenir à articuler que le roux était l'amant de sa femme c'était voir la réalité en face.

     

    J'aurai du tousser toute ma vie. J'aurai du souffrir de troubles respiratoires, toute ma vie. Pourquoi mes poumons n'ont-ils jamais rien hurlé avant ? Au fond de ma gorge, il devait pourtant bien y avoir ce que je ne parvenais pas à sortir. Maman m'a chassée de la famille pour une faute non commise. Ma sœur me méprise pour la même raison. Anastasia me déteste, a coupé tout contact avec moi,  parce que je tais la vérité :

     

     Rodolphe est vivant.

    Je n'ai pas tué mon fils.

     

    Je l'ai dit à Andrée voilà trois jours. Pourquoi maintenant que je commence à parler,  je tousse ?

     

    Cela n'a peut-être rien à voir.

     

    Où alors c'est qu'avant le noyau dur était enfoui si profondément en moi qu'il ne dérangeait pas ma respiration. Peut-être qu'un cancer des poumons, de la gorge était en préparation. Les mots l'ont fait remonté  vers la bouche.

     

    Les mots ! Quels mots ?

     

    Je n'ai encore rien articuler. C'est Andrée qui a compris toute seule. Oui je n'ai rien dit. J'ai confirmé mais rien dit. Ceci explique peut-être cela. Mon corps attend peut-être de moi des aveux. Il veut que j'articule, que je déclame devant un auditoire, que j'affirme à l'écrit comme à l'oral... Que sais-je encore.

     

    Je suis sotte !

    Un corps n'est pas une entité propre. Il n'y a pas d'un côté moi et de l'autre lui. Quoique ! Ne dit-on pas "mon doigts", "mon nez", comme si il y avait moi et eux. D'ailleurs Jean Charles est toujours Jean Charles. Ses pieds n'étaient donc pas vraiment lui.

     

    C'est quoi toutes ses réflexions philosophiques ? Je tousse. J'ai déjà toussé dans ma vie sans me jeter à corps perdu dans une psychanalyse de comptoir. Il faut que j’arrête cela de suite.

     

     

    Ce que je peux tousser ! Je tousse à m'étrangler.

     

    Cela n'a peut-être rien à voir. Pourquoi y chercher une signification ?

     

    Pourtant quand papa m'a dit " Tu as un chat dans la gorge, ma fille " instinctivement, oui instinctivement, j'ai pensé : " pas un chat, mon fils ". Ce n'est pas un hasard ! Pareillement ce n'est pas un hasard si l'histoire de l'homme qui voyait rouge m'est remonté à l'esprit. Tiens, je pense "Remontée". Pas revenue, mais remontée.

     

    Ce que je peux tousser.

    Et si c'était le contraire ? Si le chat dans ma gorge ne remontait pas de mes entrailles mais venait de me rentrer par la bouche ou le nez ? Prenons la méthode.

    Question : Quand as-tu toussé pour la première fois ?

    Je suis totalement ridicule. Je suis seule dans ma pensée, le ridicule n'est donc pas possible.

    Question : Quand as-tu exactement toussé pour la première fois ?

    Une fois rentrée de chez Andrée, une fois assise devant les livres de comptes.

     

    Pourriture.

    Je ne tousse pas à cause de Rodolphe sous l'identité de Titouan. Je tousse parce que je ne peux digérer que Solène ait raconté à qui voulait l'entendre qu'elle m'avait aidée financièrement. Le gros truc qui me reste au travers de la gorge c'est ça.

    Je vais le lui cracher au visage... Et elle va voir rouge.


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  • Ma fille a fait de moi la risée de tout Saint-Méen-le-Grand. Il n'y a pas plus grand poison qu'un enfant quand on y pense. Bon ou mauvais, ils nous vampirisent de leur naissance à notre mort.

     

    Un Fouques.

    Titouan est un Fouques. Je ne peux pas rêver que Maxime me ment, il est le plus Fouques de tous. Une grande asperge avec un nez crochu. Il a même l'audace de s’attifer d'un chapeau comme le père de Romain.

    Un Fouques. Il y a mille famille, il a fallu qu'elle nous trouve le plus médiocre des étalons.

    Déjà vouloir épouser un Truiten relevait de l'insolence, mais alors là c'est pire que tout.

     

    On travaille dur très dur toute sa vie pour tout perdre à cause , à cause ...

     

    Avant il fallait surveiller les fils, ils buvaient à en devenir violents, à avoir des accidents. Les filles, elles, elles savaient se tenir, elles étaient les piliers des familles. Je n'en ai eu qu'une, je me suis crue à l'abri du scandale, des humiliations. Sottise. En un acte elle a déshonoré des dizaines de générations.

     

    Un Fouques !

     

    Et ce sot de Yves qui ne dit jamais rien. En même temps je lui dois une fière chandelle à celui-là, il est sot mais au moins il a donné un père au bâtard.

     

    Comment Maxime ose-t-elle me comparer à Dalida ?

     

    Et puis c'est quoi cette histoire ? Solène ne sait pas que son fils est de Fouques ! C'est quoi ce jeu de se bander les yeux pour se faire inséminer ?

     

    Elles croient quoi les filles, que j'étais aveugle, que je n'ai pas su que Solène avait une sexualité débridée ? Pourquoi Maxime croit elle que je l'aimais autant ? Parce que Solène me décevait, que je voulais qu'elle prenne exemple sur Maxime. En voilà une qui  arrivera vierge au mariage, je me disais, et puis est arrivé ce que l'on sait : fille mère puis tueuse d'enfant. Quel monde décadent. 

     

    Comment Solène peut ignorer le nom du père de son fils ! Je veux savoir comment l'histoire s'est passé. Et puis non, je ne veux pas le savoir, c'est de toute façon sordide. Je ne veux pas savoir comment les hommes lui descendent la culotte. Ma fille me dégoûte.

    Un Fouques !

     

    Il faut éloigner cet enfant. On ne peut pas prendre le risque ... Risque de quoi? Le mal est déjà fait. Tout le monde le connait, tout le monde a eu le temps de voir que c'était un Fouques.

     

    Dire que son grand-père à détester qu'il se veuille végétarien, mais c'est cette folie qui l'a tenu éloigné du commerce. Si Titouan avait été un enfant normal, il aurait tenu boutique et là alors là, les commères... Je les entends déjà celles-là. Huguette, Antoinette, Germaine oh et Marie Paule, la Roseline aussi et la tête de liste des commères vipères Geneviève, Oh je les entends . Toutes des vipères à exterminer. 

     

    Un Fouques.

     

    Comme si j'avais besoin de ça en ce moment.

    Un Fouques dans la famille.

    Solène me le payera, elle me le payera.

    J'ai sacrifié ma vie pour avoir le droit à une retraite en paix et voilà que la foudre s'abat sur moi.

     

    Un Fouques.

    Titouan pour troisième petit fils de Dalida. Il nous aura tout fait celui-là. Végétarien - homosexuel et maintenant ça.

     

    Charlotte ne peut pas continuer à le fréquenter. Surtout maintenant qu'elle a un enfant.

    Mon Dieu Jésus Marie, elle aussi a couché avec Fouques. Lou Evan est le frère de Titouan son oncle. Cette gosse, il ne fallait pas s'attendre à lui trouver de la moralité vu la mère qu'elle a.

    Il faut absolument que j'examine ce bébé de près, je dois savoir si il a du Fouques dans les veines.

     

    Mon Dieu Jésus Marie, l'autre jour au téléphone Charlotte m'a dit qu'il sera grand comme son père. Lou-Evan, grand comme son père. C'est un Fouques. Notre famille est déshonorée. Avoir travailler dur toute une vie pour finir si bas.

    Comment Solène a pu me faire ça ! Deux Fouques !

     

    Tu en as bien de la chance Élie d'être mort. Oui mon Bonhomme tu en as bien de la chance.

     

    Deux Fouques pour descendant ! Notre famille est polluée mon Bonhomme. Polluée je te dis. Quelle chance tu as. Plus rien de bon ne peut fleurir.

     

    Solène a détruit la famille avec ses coucheries les yeux bandés.


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