• Châteauneuf-du-Faou

    Le 28 Février 2016.

     

     

    Mon amour,

     

    Je ne voulais pas t'écrire, je voulais que tu commences, mais dans les lignes du livre que je n'arrive pas à lire puisque sur la totalité des jours j'ai l'instant sublime en superposition du réel, il y a cela :

     

    " Comme si l'amour du maître s'écoulait de ses paumes à la façon d'un nectar lumineux, dissolvant toute peur et faisant s'épanouir le meilleur de lui-même".

     

    Dans le livre le maître est un Rinpotché. Tu es mon très précieux.

     

    Quand tes mains ont entourés mon corps, quand ton torse est venu renforcé mon dos, il n'y eu plus qu'un sublime  admirablement résumé par  cette phrase.

     

    Je ne sais le temps qu'a duré cet instant merveilleux, mais il est la survivance de nous. Tout le reste n'est que détails, décors, compléments. Ce souvenir me hante à la façon d'un bonheur éternel. La félicité de cet instant m'habite, me décolle de l'existence.

     

    Bien sûr pour toi  l'essentiel est peut-être ailleurs mais pour moi le concentré d'amour s'est diffusé en moi quand tes mains ne cherchaient rien, quand mon souffre s'est posé sur ta respiration, quand ma gravité fut en toi.

     

     

    Je continue le livre et je trouve deux pages plus loin:

     

    "On n'a jamais envie de quitter le maître. On voudrait se fondre en lui, comme un flocon de neige qui tombe dans un lac."

     

    Cet instant pour moi fut exactement cela. Et ce désir est toujours aussi vivant.

     

    Voilà deux jours que nous nous sommes quittés, deux jours que je ne suis plus celle d'avant. Tu as libérée une partie de moi que je ne me savais pas. Une Amoureuse.

     

    Je t'aime Cole bien plus qu'il ne me semblait possible d'aimer.

     

    Ta sirène au paradis.

     

     

    PS : Rinpotché signifie très précieux mais je ne doute pas que tu le saches déjà.

     


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  • 63

    Mickaelle,

     

    Toute petite fille qui ne sait pas ce qu'elle veut, tu peux venir le jeudi que tu veux, si tu le veux encore.

    Je suis sur Paris et y demeure sur la fin du mois et tout mars.

    J'ai comme dans l'idée que je ne te verrai pas.

     

     

    Paris le 19 Février 2016.

    C.A.T

     

    Ps : Dis à Maxime que je n'ai pas du tout le compte bancaire qu'elle me croit.


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  • 62

    Paris

    Le 3 Janvier 2016.

     

     

    Cole,

     

     

    Je ne rentre dans ton bureau que pour t'écrire ce mot et le déposer bien en vu sur l'échiquier.

     

     

    Maxime a vu sur novembre que j'étais très mal, elle a voulu savoir ce qui me chavirait, aussi je lui ai montré tes trois dernières lettres. Elle m'a alors promis que nous passerions le nouvel an et son week-end ensemble, qu'elle s'occupait de tout. En fait elle n'a eu qu'à réserver un aller retour BlaBlaCar puisque le reste consistait à m'emmener chez toi que tu dis chez moi soit ici, à Foch comme tu l'appelles.

     

    Si il n'y avait qu'elle, je ne  redescendrais pas en Bretagne avec elle dans une heure, de Paris je prendrais  un avion pour l'Afrique du Sud afin de te supplier de m'épouser avant que tu ne changes d'avis. Elle ne voit que l'argent que tu as. Tu es passé de tueur de tchétchènes  à milliardaire et plus rien ne compte pour elle.

     

    Elle crie dans le couloir que l'on va être en retard.

     

    Cole pourquoi as-tu fait ça ?

    Cole depuis le jour où j'ai reçu ta lettre évoquant le cadeau de Noël, je pense trouver une longue bibliothèque dans le couloir, aussi j'ai été surprise de ne rien voir en ouvrant la porte.

     

    J'avais tellement parler du miroir du salon à Maxime que nous sommes allées directement le voir, je voulais qu'elle me croit quand je lui disais que c'était horrible d'être assise dans le canapé face à soi assise dans le canapé. Et là je suis tombée. Cole je ne sais pas comment tu as vécu le crash des avions dans les tours jumelles le 11 septembre 2001 mais moi je suis tombée sur mon canapé et je n'ai réagi que quand il faisait nuit dans la pièce. Je suis restée une ou deux heures comme hypnotisée devant l'écran. Et bien voilà ce que j'ai revécu face à ce que tu nommes mon cadeau de noël.

     

    Le luxe  met en joie Maxime.

     

    Moi, encore sous le choc je suis allée dans le dressing d'entrée que l'on ne peut plus nommer comme ça puisqu'il est devenu la pièce de la décante. J'ai trouvé les plans des professionnels qui l'ont installé.

    Cole combien cela t'a t-il coûté ? Cole pourquoi as tu fait ça ? C'est de la folie.

     

    Cole ce n'est plus possible. Je veux te voir. Il faut que l'on se voit. Là tu dépasses les bornes.

     

    Moi je t'ai fait un vrai cadeau de noël. Un dessin au fusain de ta montagne, ton hameau vu de loin, oui ça c'est un cadeau de noël. Il est sur le canapé. Mais ce que tu as fait n'en est pas un.  Aucune richesse ne te l'autorisait.

     

    Et il y a la ligne de ta lettre : l'appartement est à mon nom. Tous mes salaires de l'année ne suffiront pas à payer la taxe foncière de Foch. Cole la loi n'autorise pas que l'on signe à la place de quelqu'un. Je travaille dans une agence immobilière je suis donc bien placée pour savoir que je ne peux pas être propriétaire d'un bien sans avoir rien signé.

     

    Cole quand tu liras ce mot, quand tu seras à Paris téléphone moi pour me dire que je peux venir t'y rencontrer. Il faut que l'on se voit. S'il te plait, ne refuse pas.  Si tu préfères me faire un mail c'est comme tu veux.

     

    Je ne travaille pas le vendredi, donc je prendrai mon jeudi après-midi pour monter et je redescendrai dans l'après-midi du vendredi. Cole ne refuse pas. Je ne te dérangerai pas longtemps mais je t'en supplie, il faut que l'on se voit.

     

    Ce que tu as fait et innommable, inqualifiable. Ce n'est pas un cadeau de noël ça.

     

    02 98 81 57 14

    mickervelou.520@outlook.fr

     

    Je ne peux pas te dire merci.

    Il faut que l'on se voit.

    S'il te plait.

     

    Mickaelle.


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  • 61

    Sirène,

     

    J'avais voulu une lettre forte pour que tu me comprennes et tu n'as rien compris. Mais vraiment rien. Je m'explique si mal ?

     

    Ton histoire de terrain m'éclaire sur ton mode de fonctionnement mental. J'avais cru te savoir mais tu es bien plus ensablée que je ne le supposais. Tu maîtrises vraiment l'art de trouver du rejet en tout, surtout là où il n'y en a pas. Sirène tu te blesses toute seule.

     

    Je ne t'accorde pas de valeur. Je ne t'accorde pas de valeur ! Si tous les camemberts étaient aussi indigestes que toi il y a longtemps que je serais mort d'un cancer de l'estomac. Je ne t'accorde pas de valeur !

     

    Tu m'écris lire et relire mes lettres mais je t'invite à relire les tiennes. D'ailleurs tu devrais en garder un double. Oui tu aimerais que je te raconte ce qu'il s'est passé avec le gosse en montagne mais tu as écrit " qu'un jour tu prennes le temps". Tu sais ce que cela veut dire "qu'un jour tu prennes le temps" ? Cela veut dire que l'histoire t'intéresse mais qu'il n'y a pas urgence. Si je ne te l'ai pas raconté dans la lettre dernière, c'est que le sujet ne s'y prêtait pas.   Tes lettres suivent tes pensées qui n'ont aucune stabilité donc elles passent d'un sujet à l'autre. Quand ils ne sont pas carrément les uns dans les autres. Je ne suis pas toi Sirène. Quand je prends le stylo c'est dans un but bien précis, non pour naviguer  au fil des mots sur trois feuillets.

     

    Je ne t'accorde pas de valeur !

    Je mets Foch à ton nom, mais je ne t'accorde pas de valeur.

    Je te présente comme ma femme à ma concierge ce qui veut dire à tout l'immeuble, mais je ne t'accorde pas de valeur.

    Je veux te faire entrer dans ma vie, mais je ne  t'accorde pas de valeur.

     

    Et non seulement je ne t'accorde pas de valeur, je te chosifie !

    C'est à se demander comment tu as pu tomber amoureuse de moi, tu aurais du juste tomber à la renverse.

     

     

    Si je ne t'accordais pas de valeur, si je te chosifiais, je me serais amusé avec toi le temps de deux ou trois lettres, je t'aurais laissée divaguer dans ta chimère comme tu l'écris. Et je ne t'aurais plus répondu. C'est justement parce que je t'accorde beaucoup de valeur que je ne te cache rien. Je ne suis pas un homme qui s'ennuie dans la vie et qui se distrait d'une correspondance acidulée. Ce n'est pas parce que mon père a écrit trois cartons de lettres d'amour que j'ai envie de noircir du papier.  Madame Fioux te l'a dit, je suis un homme de silence, d'action mais de silence. Les mots pour combler le vide j'ai horreur de ça. Et ma vie n'est pas vide. Elle déborde un peu trop même, si tu veux mon avis.

     

    Est-ce qu'une fois je t'ai forcée à quelque chose ? Est-ce qu'une fois je t'ai manipulée pour obtenir quelque chose de toi ? Non. Je te propose et tu es libre de disposer. Je suis franc, honnête, ce qui n'est pas ton cas. Pourquoi m'écris-tu Mickaelle ?

     

    En fin de semaine je prends l'avion pour l'Afrique du sud. Je ne serais pas de retour sur Paris avant Février, début ou fin, je ne sais pas encore.

     

    Profite de mon absence pour passer noël à Foch avec Stoyan, Jérémy et Madame Tillyou. En un autre décor tu réaliseras peut-être comme ils tiennent toujours à toi.

     

    Foch est à toi donc tu en fais et y fais ce que tu veux, cependant s'il te plait comprends que je ne désire pas trouver de spermes dans mon lit, alors si tes amis passent les fêtes à Foch, merci que toi seule entre dans mes draps.

     

    Je me doutais bien que tu n'aurais pas accepté de me suivre en Afrique du Sud. Je te propose, tu disposes. Si je ne t'accordais pas de valeur, crois moi, tu viendrais, tu n'aurais pas la liberté de refuser. Mais comme je t'accorde de la valeur, non seulement j'accepte sans peine ta volonté mais en plus je t'annonce que tu trouveras ton cadeau de noël à Foch. Si je ne te le  poste pas c'est simplement qu'il est intransportable.

     

    Dernière chose Madame Tchigrenkov. Tu aimes les histoires réalistes. Très bien ça.  Juste une question : Mickaelle, tu trouves très réaliste toi, qu'une femme qui se dise amoureuse d'un homme,  n'éprouve jamais le besoin de le rencontrer ? C'est crédible ça ? J'en doute.

     

    Qui de nous deux ne t'accordent pas de valeur ? Réfléchi à cela. Tu vas voir qu'au final nous serons du même avis. Sirène c'est toi qui ne t'accorde pas de valeur. Pas moi, toi.

     

    A dans 3 mois Sirène.

    Si tu le veux.

    Mais si tu le veux ne compte pas sur moi pour que 2016 ressemble à 2015.

     

     

    Paris Le 24 Novembre 2015.

    C.A.T

     

     

    PS: La première année où je me suis installé au hameau j'ai découvert des marmottes prisent dans des collets. A force d'être à l'affut j'ai fini par surprendre les deux gosses qui les posaient. J'en ai chopé un et comme il se débattait un peu trop, je l'ai assommé.  Je l'ai ramené chez moi. Je l'ai fait assoir dans la maison la plus en ruine et je suis resté silencieux devant lui. Deux bonnes heures plus tard, ou trois, une vingtaine d'hommes ont débarqué chez moi, dont le maire qui était aussi le père et les gendarmes. J'ai changé les bras du  môme et il a pu aller retrouver son père. Père qui lui a collé une gifle en voyant la cargaison de fils et les marmottes mortes. L'histoire finit là.


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