• 165 - Partie 1 - Jour 5 - Thomas.

    - Je ne sais pas quoi vous dire.

     

    - Jeune homme, nous ne sommes pas là pour vous être désagréable. Ce que vous nous direz ne sera connu que de nous trois. Nous cherchons juste à découvrir la personnalité de Madame Malacorne qui a disparu. Vous êtes au courant de sa disparition ?

    - Elvira ?

    - C'est cela, Elvira. S'il vous plait, commencez par nous décliner votre identité, votre adresse, la nature du contrat qui vous lit avec le restaurant et ensuite vous nous direz ce qui vous vient à l'esprit quand vous pensez à Elvira. Vous a-t-elle confié quelque chose, vous a t-elle raconté des éléments de sa vie. Nous vous écoutons, vous avez tout votre temps.

    - Je m'appelle Thomas Coquendieu, J'ai bientôt quinze ans. Je fais un CAP cuisine au CFA et Monsieur Julizec'h  est mon maitre de stage. Je suis en première année, je ne suis là que depuis septembre. J'habite avec mon père les semaines où je suis au restaurant, parce qu'il habite dans le centre, de l'autre côté de la gare SNCF. Papa travaille pour Monsieur Sallembien à Saint Sulpice de Royan. Il est ouvrier maraîcher papa. Maman elle habite à Breuillet. C'est avec elle que je vis normalement, mais j'ai que mon scooter pour aller au restaurant, alors je vis chez papa. C'est bien aussi. Enfin je crois. Le CFA il est sur le site de Jonzac, c'est à Saint-Germain de Lusignan. Quand je suis au CFA, je suis interne. J'aime bien être interne. Monsieur Julizec'h, il crie jamais, mais je sais bien qu'il n'est pas très content, souvent. Il dit que je suis désolant. Alors je fais que des choses pour les débutants. Monsieur Bastien il dit que c'est à cause de l'étoile. Monsieur Julizec'h il n'aime que l'excellent, alors moi je n'ai pas le droit de rater. C'est normal. Mais c'est un peu bête tout de même parce que je suis là pour apprendre, mais comme je ne fais rien, je n'apprends rien. Dans ma classe on n'est pas beaucoup à avoir un patron qui ne nous permet que d'éplucher des légumes. Ma prof principale elle dit que je dois être patient. Je n'aime pas quand Mr Julizec'h il dit que je suis désolant, mais il a raison, je ne vaut rien. Aujourd'hui il m'a fait goûter une sauce pour que je lui donne les 6 saveurs qu'il avait mis dedans. Je n'en ai trouvé que trois. Bastien lui il a su dire les six tout de suite. Peut-être que je suis pas fait pour le métier. Yohann il m'a dit que je pourrai toujours tenir une baraque à  frites. Bastien et Yohann ils ont ri. Pas Mr Julizec'h et pas moi non plus. Madame Elvira elle est gentille, C'est la plus gentille de tous, moi je crois. Je vois bien que quand elle est là, Mr Julizec'h il est plus pareil. Elle non plus elle trouve pas toujours les ingrédients des sauces. Elle dit c'est bon et Mr Julizec'h il est alors content. Un jour mon scooter il n'a pas voulu démarrer et bien elle est venue me chercher chez papa, avec sa voiture. Je ne savais pas qu'elle avait une voiture avant, parce qu'elle vient toujours à pied, même si il pleut. Elle a un parapluie avec des poulains, enfin ils sont pas en entier, il y a pleins de têtes de poulains, c'est tout. Maman elle a un cheval à elle, mais il est pas à sa maison, il est chez des gens. Elvira elle m'a dit que elle aussi elle adorait les chevaux, comme maman, mais elle, elle ne sait pas monter à cheval. Je lui ai dit que maman elle pourrait lui apprendre. Elle avait l'air contente Elvira. Il y a des gens ici qui disent qu'elle est morte. Est-ce que c'est vrai qu'elle est morte Madame Elvira ? J'ai vu Marie José pleurer parce qu'elle est morte.

     

    La porte coulissante de la véranda s'ouvrit avec fracas. Thomas se leva de sa chaise pour se fondre dans le papier peint en voyant s'approcher à pas rapides un homme rond, en tenu de cuisinier. Il était l'exact opposé de Bernard. Grand et longiligne pour l'un, court et rond pour l'autre. Tenue totalement noire pour celui qui avait une belle chevelure noire, et tenue parfaitement blanche pour l'homme aux cheveux blancs et à la moustache blanche. Cet individu ne figurait pas sur la liste des employés vu qu'il ne restait que deux femmes, Olivia et Marie José.

     

    - Mais vous voulez la tuer ou quoi ! Si ils savent que j'ai contacté les flics, ils vont la tuer. Qui vous a demandé de venir ? Je vous jure que si ils la tuent vous devrez en répondre. Ce n'est pas parce que vous êtes flics que vous êtes au dessus des lois.

     

    - Merci Thomas, vous pouvez disposer, articula posément le brigadier chef qui avait le mot flic en horreur. Il ne parvenait jamais à y entendre autre chose qu'une insulte. Monsieur vous allez vous asseoir, vous calmez et surtout nous dire qui va tuer qui.

     

    - Je la connais ma fille, je ne l'ai pas éduquée comme ça, elle est une vraie professionnelle ma fille. Rien ni personne ne l'aurait fait rater un jour de travail. Le restaurant est toute sa vie.

     

    - C'est pour ça que vous l'avez vendu au lieu de le lui léguer  ?

     

    Les dessins expriment beaucoup mais rien ne vaut la parole pour la spontanéité. Un dixième de seconde avait de parler, Fiona avait reculé sa jambe, son pied. Elle savait trop l'insolence de sa remarque, la désapprobation de PACA qui allait suivre. Sa chaussure allait lui écrasé le pied. Là il ne trouverait rien à réduire. Fiona baissa les yeux dès sa question finit, pour dissimuler un sourire. Elle était doublement fière d'elle.

     

    - De quoi vous vous mêlez vous ? Vous me jugez ? Vous ne savez rien de nous mais parce que vous avez un uniforme vous vous croyez supérieur. J'ai fait ce qu'il y avait de mieux à faire pour ma fille. Je lui ai trouvé le mari parfait. Une femme a besoin d'un homme pour exister. Je sais ce que l'on dit derrière mon dos, mais elle n'a pas de mauvaises fréquentations. C'est moi que l'on cherche à atteindre, elle a été kidnappée. Ils vont m'appeler pour me demander une rançon. Bordel vous allez tout faire foirer. Si ils apprennent que vous êtes dans les parages ils ne voudront plus me contacter, ils vont la tuer. Mais qui vous a dit de vous mêlez de ça ? Sortez de ce restaurant. Vous n'avez rien d'autre à faire ? Elvira est ma fille, sa mère est morte, moi seul en suis responsable, je suis assez grand pour gérer la situation tout seul. C'est l'emmerdeuse de Marie José qui vous a appelé, c'est ça ? Mais depuis quand vous vous déplacez pour une pleurnicharde. Ah ! Quand on a besoin de vous, vous n'êtes jamais là, et quand on ne veut pas vous voir, vous débarquez ! C'est le monde à l'envers. Maintenant vous allez me faire le plaisir de sortir de ce restaurant, sinon je vous en fais chasser.

     

    - Monsieur Malacorne, je suis le brigadier chef Corentin Echouafni et voici le sous brigadier de police Fiona Barbosa,

    - j'en fous. Foutez le camp d'ici. Ils vont la tuer je vous dis.

    - Qui ils ? Qui a kidnappé votre fille, Monsieur Malacorne ?

    - Mais j'en sais rien moi. C'est contre moi je vous dis. Il y a un fou qui cherche à me faire payer alors il m'a pris ma fille.

    - Payer quoi ?

    - Je ne sais pas moi. Je n'arrive pas à me trouver d'ennemi. Mais si ils ont kidnappé ma fille, c'est qu'ils ont une raison. Tout le monde sait que ma fille c'est tout ce que j'ai, donc elle est l'outil pour me faire du mal. J'ai essayé de faire une liste des gens qui pouvaient m'en vouloir mais je ne trouve personne, donc c'est quelqu'un qui en veut à mon argent. Je viens de ventre le restaurant, ils m'imaginent riche. Mais pourquoi ils n'ont pas appelé.

    - Monsieur Malacorne asseyez vous.

    - Avec vous ? Jamais vous allez sortir d'ici, tout de suite, et par l'arrière qu'on ne vous voit pas sortir du restaurant.

    - Parlez nous de votre fille, Monsieur Malacorne.

    - Il n'y a rien à en dire. C'est contre moi je vous dis. Ah elle est bien menée cette enquête ! Vous perdez votre temps. Cela va vous servir à quoi de savoir quelle est la couleur de la petite culotte qu'elle portait ce matin là ? C'est moi que l'on vise je vous dis, moi son père Igor Malacorne. Ils en veulent à mon argent.

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 13 Octobre à 21:25

    Petit à petit on apprend des choses. Tout et rien, ça se met en place.

    Bon le kidnapping hein ? j'y crois comme ... bon je vais pas être méchant. Disons que j'y crois pas.

      • Vendredi 13 Octobre à 21:49

        On verra + tard si tu as raison de ne suivre l'idée du père.

      • Samedi 14 Octobre à 09:17

        u alors un "auto kidnapping" ..

        bon bref à suivre

      • Samedi 14 Octobre à 10:47

        Alors sur ce coup là , tu as + d'imagination que moi, car je n'avait pas pensé à cette possibilité.

      • Samedi 14 Octobre à 20:06

        mad

    2
    Samedi 14 Octobre à 20:50
    erato:

    Un vrai parano le père , il ne se soucie pas de sa fille mais de la rançon qu'il va devoir payer ! 

    Peut-être qu'elle a pété les plombs et qu'elle a fui cette atmosphère!

    Ou alors il veut faire de la pub à son restaurant !

    Bonne soirée Sereine

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