• 156 - Marie Nelly - Maxime.

    MN - Tu es aussi butée que Jean Charles.

    M - Il ne veut pas y aller ?

    MN - Il ne veut même plus entendre parler de Titouan. Depuis son retour de Roumanie, il n'est plus le même. Je ne sais pas ce qu'il fabrique. Il n'a plus de rat, il ne veut plus rien savoir de Loulou, de Charlotte et de Titouan. Il reste enfermé des heures avec ses dessins ou alors il part en voiture avec Billy.

    M - La dernière fois que tu m'as parlée de Billy, tu n'avais pas l'air enchanté de la voir emménager chez toi. Tu ne la supportes toujours pas ?  Et Edmond ?

    MN - Tu sais Edmond, il arrive tard, part tôt, il ne la voit pas. Elle est totalement invisible de toute façon. Tu ne l'entends jamais. Ce qui ne me plaisait pas au début c'est qu'elle va dans la piscine. 

    M - Elle a repris les habitudes de Titouan.

    MN - Oui mais lui ne vivait pas à la maison. Et puis lui, je l'aime bien, elle, la voir dans la piscine... je ne sais pas... cela ne me plaisait pas du tout. Et cela ne m'enchante pas encore. Jean Charles nage avec elle. Je te jure, le spectacle au début... enfin cela ne me faisait pas plaisir qu'elle aille dans ma piscine. Et puis avec Jean Charles. Cela fait quoi quatre - cinq mois qu'elle est là. Elle colle Jean Charles. Il n'y a que lui qui compte. Jamais elle ne viendrait me tenir compagnie. Elle vit comme si il n'y avait que Jean Charles sur terre. Elle est vraiment discrète. Je n'ai rien à lui reprocher. Elle n'est pas voleuse, elle n'est pas envahissante, elle n'a rien cassé, elle est propre. C'est une gentille fille comme dit Jean Charles et c'est vrai. Elle n'est pas méchante. Peut-être que cela passerait mieux entre nous si elle était plus exubérante. Elle est super timide, tu as l'impression qu'elle ne sait que raser les murs... et aller dans la piscine. Alors là elle n'est plus timide du tout. Elle ne demande rien à personne, elle y va. Je vais m'y faire. Tu sais, j'ai bien eu jusqu'à six rats à la maison, je vais m'y faire. Je m'y fais. Et puis on a trouvé un sujet d'entente : les gâteaux. Si Edmond continue à répéter qu'il est toujours  convaincu que j'ai eu tord de racheter la boulangerie de ton père en février, elle, elle est heureuse que je rentre tous les jours avec des invendus. Si tu voyais comme elle mange, elle va devenir obèse. Elle peut engloutir quatre croissances au petit déjeuner. Jean Charles la laisse faire, moi, manger autant m'affole. J'ai l'impression de grossir rien qu'en la regardant manger.

    M - Fine comme tu es, tu peux prendre trois kilo sans stress. Je te les donne avec plaisir. Pour revenir au sujet de la boulangerie. J'ai eu papa au téléphone hier. Il est vraiment heureux, je l'entends dans sa voix. Il passe son temps à rénover sa petite maison. Il a fait des plantations aussi dans son jardin, parait-il cette été. C'est vrai qu'au début quand tu t'es proposée à lui reprendre la boulangerie, je me suis demandée ce qu'était ce délire, mais tu tiens très bien ta barque. Franchement tu m'impressionnes. Georgic et papa se téléphonent souvent. Si tu veux une confidence, ton associé est ravi de t'avoir avec lui et pas uniquement pour l'argent que tu as apporté. Il t'apprécie. Il dit que l'ambiance a totalement changé. Voilà qui est facile à imaginer.

    MN - Est-ce que ton père t'a convaincue de monter avec Andrée et moi à Langres pour les deux ans de Lou-Evan, la semaine prochaine ?

    M- Je te l'ai déjà dit, je n'y irai pas. Je viens de commencer ma formation de moniteur autoécole à Quimper, je ne vais pas faire l'école buissonnière à mon âge.

    MN - C'est bien ce que je dis. Tu es aussi butée que Jean Charles.

    M - Parle moi plutôt de tes exploits à la boulangerie.

    MN - Je m'éclate comme une petite folle à jouer à la vendeuse. Avec Oksana on a refait toute la décoration sur la semaine où on a fermé en septembre. C'est plus moderne, plus vivant, plus coloré. Je ne veux pas te blesser mais c'était vraiment vieillot. On a poussé vers la gauche le comptoir aussi, cela fait plus grand. Il y a quelques semaines j'ai trouvé dans un vide grenier, un panier en osier géant. J'ai pris une petite table ronde de la maison pour l'y poser et  pour faire un décor, j'y ai mis des fruits. On ne manque pas de fruits dans la réserve.  Et bien tu sais que cela marche. On les vend à l'unité, même les cerises.  Le jour de la vente, en février, Claudine nous avait affirmé que seule sa boulangerie allait survivre, surtout que Solène allait ouvrir son "Déjeuner sur le pouce".  Georgic a continué à faire du bon pain et des délicieux gâteaux. Oksana va au fournil l'aider, ton père manque, tu penses bien, et moi je suis dans la boutique. Oksana est une sacrée bosseuse. Elle devient une véritable pâtissière professionnelle. Au déjeuner sur le pouce, Solène a toute une gamme de glaces, de boissons fraiches, on ne peut pas rivaliser, donc nous on est parti sur les fruits. Les gens achètent leur baquette pour le midi et leur pomme, leur poire du soir. Enfin je ne sais pas pourquoi je te raconte tout ça, tu es notre comptable, tu sais déjà tout ça. Mais bon, j'aime bien avoir repris un travail et je m'éclate bien à jouer à la marchande comme une petite fille. 

    M - Enfant, même adulte, jamais je n'aurai imaginé que papa vendre sa boulangerie et que ce soit en plus à toi. Je l'imaginais rodant dans le fournil jusqu'à sa mort. Il a eu raison de prendre sa retraire. Jamais je n'aurais pensé qu'il s'achète une maison à l'autre bout de la France.

    MN - Et dis moi toi, comment tu vas ? Tu continues à revoir ton ex mari.

    M - Ne va pas t'imaginer que nous allons nous remarier, mais oui on se revoit. J'aime vivre dans l'appartement de Mickaelle à Chateauneuf du Faou. Et elle, elle est heureuse d'avoir trouvé une locataire. Depuis son mariage avec Colerige elle vit majoritairement sur Paris. Elle ne voulait pas mettre en vente son appartement, donc voilà nous avons trouvé une solution qui convient à tout le monde. A Roger aussi. Il n'a pas envie de me revoir surgir à la maison, mais oui nous passons du temps ensemble. Nous sommes même aller dîner au restaurant en tête à tête. Voilà bien quinze ans que nous ne l'avions plus fait. Cette été il a rencontré Titouan avec les filles. Anastasia et Charlotte communiquent beaucoup sur les réseaux sociaux entre elles,  semble-t-il. D'ailleurs Anastasia ira passer Noël chez son grand-père où normalement Titouan, Charlotte, Andrée et Lou-Evan passeront leur réveillon.

    MN - Et tu n'en sauras pas ?

    M - Non. J'irai voir papa pour le nouvelle an. Je remontrais Anastasia avec moi ensuite. Normalement, mais bon, elle et moi ... Les rapports sont encore très tendus.

    MN - Elle est enceinte de combien de mois maintenant, Charlotte ? Le bébé est prévu pour quand déjà ?

    M - Ce sera un bébé de janvier, comme son père. Anastasia veut absolument en être la marraine. Charlotte est déçue, c'est encore un fils. Elle voulait sa fille Diane.

    MN - Elle t'a dit ça au téléphone.

    M - Non. Tu sais Charlotte et moi... J'ai du mal avec elle. J'ai l'impression d'avoir Solène adolescente face à moi. Et crois moi, dire ça, ce n'est pas lui faire un compliment. j'ai eu un mail de Titouan. Il m'y annonce que son second  fils se nommera Rodolphe. 

     

    FIN.

     

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 24 Août à 07:06

    Donc épilogue deux ans plus tard.

    Des nouvelles de tout le monde et même des anciens (le duo franco-russe) et de la plupart des autres protagonistes.

    Pas mal de choses ont changé je vois , c'est marrant l'idée de la succession de la boulangerie. Et le second fils qui s'appelle Rodolphe ... bien vu.

    Et maintenant donc place à la mystérieuse Billy si j'ai bien compris

      • Jeudi 24 Août à 12:18

        Un an et quelques mois.

        Jean Charles (155) veut partir avant les 1 an de Lou-Evan et là les femmes se téléphonent une semaine avant ses 2 ans.

        Voilà c'est un chapitre qui nous donne des nouvelles des amoureux et qui nous invite à entrer dans le prochain roman.

      • Jeudi 24 Août à 12:35

        Je voyais 2 ans à cause de l'anniversaire mais c'est logique sinon le petit viendrait de naître

    2
    Jeudi 24 Août à 22:24
    erato:

    Un épilogue un an après qui nous donne des nouvelles de chacun . Le choix du prénom est touchant .

    Bonne soirée

      • Jeudi 24 Août à 23:08

        Il fallait finir comme ça, je trouve.

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