• 132 - Andrée - Maxime.

    M - Tu as gardé les photos de ce spectacle. Je n'en reviens pas.

    A - Bien sûr que je les ai gardés. On n'a qu'une jeunesse. Tu te souviens de cette jupe noire  ? Elle t'allait très très bien.

    M - Oh que oui je m'en souviens. Tu parles d'une soirée ! Je l'avais eu par Claude.

    A - Claude ?

    M - Tu sais la fille qui habitait dans le lotissement. Elle avait un frère plus grand. Comment il s'appelait lui ? ... Serge. La famille Philippe. Claude et Serge Philippe.

    A - Ah oui la famille excentrique qui avait des canards. Le père n'a jamais dû travailler de sa vie. La mère était prof ou directrice d'école, oui plutôt directrice d'école.

    M - Les canards ! Je les avais oubliés ceux-là.  Comme j'étais mal à l'aise ce soir là ! Tu te souviens, mes collants tous neufs avaient une superbe échelle quand je les ai sorti de la boite. J'ai demandé à tout le monde de me donner une autre paire de collants. Personne n'avait prévu une paire de rechange. Personne. Enfer. J'ai fini par trouver qu'une paire de chaussettes dim noires. Je crois que c'était Céline qui les avait. Je ne sais même pas si des chaussettes de la même matière que des collants existent encore. La jupe était longue, les chaussettes montaient bien haut, on pouvait croire à un collant, mais je n'osais pas bouger. Trop peur que la jupe se soulève et que l'on découvre mes genoux nus.

    A - Tu n'as jamais été une grande danseuse, petite, mais ce soir là, ce fut ta plus mauvaise prestation.

    M - Tu te souviens, attends, il s'appelait comment déjà ?

    A - Qui ?

    M - Tu sais le garçon qui devait me soulever, et me faire tourner ?

    A - J'ai la photo. Attends attends, elle est où ?

    M - Mon dieu, regard je tiens ma jupe. Il a dû se reprendre à trois fois pour me soulever, j'avais tellement peur que les gens de la salle voient que je n'avais pas de collant. Je me souviens très bien de lui. Mais il s'appelle comment déjà ? C'est fou je me souviens de Céline et Claude mais pas de son nom à lui. Il a pourtant eu un rôle capital ce soir là. ... Oh c'est tout de même con... Roland. Non Laurent. Non. Roland. Non c'est son nom de famille Roland. Oh je ne sais même plus. Comment il s'appelait déjà ?

    A - Je pensais que toutes les filles se souvenaient des prénoms de leurs amants.

    M - Je n'ai jamais couché avec ce mec.

    A - Pourtant après le spectacle, vous ne vous êtes jamais séparés. Et vous êtes partir ensemble.

    M - Je m'en souviens aussi. Il avait dit à ses potes qu'il sortirait avec moi le soir là. Seulement ce soir là, j'avais des chaussettes, aussi, dès qu'il voulait passer sa main sous ma jupe : interdiction. Je me souviens qu'il était parti ensuite au ski avec sa famille pour les vacances de noël et qu'il m'y avait écrit une carte postale. C'est probablement le premier courrier qu'un garçon pour ne pas dire homme, m'ait écrit. Je ne sais pas ce que j'en ai fait, mais je me souviens bien qu'il m'avait écrit à la maison. C'est terrible la mémoire ! C'était le gars Roland, non. Mais son prénom. Où alors c'était Laurent. Aide moi Andrée.

    A - On va dire qu'il s’appelait Laurent Roland. Moi c'est un autre garçon qui reste sans identité dans ma tête. Et si je ne peux que te donner une photo de Laurent Roland, toi tu peux m'aider bien plus. Je suis même certaine que tu n'auras pas d'hésitation.

    M - Tu parles de qui là ?

    A - Du père de Titouan.

     

     

    A - Alors là Maxime, vu le recul que tu as eu sur ta chaise, tu ne peux plus me dire que tu n'es au courant de rien.

    M - Tu veux que je sois au courant de quoi, exactement ?

    A - Maxime, je ne suis pas sotte, je vois bien que Titouan n'est pas un Truiten. Charlotte  ressemble à Yves, à ses cousins, mais Titouan ne ressemble à personne. Enfin si il ressemble à quelqu'un, c'est même pour cela que souvent je ressors les vieilles photos. Titouan ressemble à son père, j'en suis sûre. Il me fait vraiment penser à quelqu'un, mais je n'arrive pas à même le doigt dessus. Maxime, qui est le père de Titouan.

    M - Pose la question à sa mère.

    A - Tu sais aussi bien que moi que Solène va prétendre qu'il est de Yves. Tu sais aussi bien que moi qu'elle nous ment. Je te pose donc la question : Qui est le père de Titouan ?

    M - Je n'ai pas à intervenir dans vos histoires de famille.

    A - Si ma fille est si peu ravie de ton retour, Maxime, c'est qu'elle a peur que tu dévoiles la vérité.

    M - Et bien vous pouvez la rassurer, je ne parlerai pas. Le passé c'est le passé.

    A - Elle t'a payée combien pour que tu te taises ?

    M - Pardon !

    A - Elle t'a aidée financièrement après la mort de ton fils.

    M - Elle vous a dit ça ! Elle vous a dit ça. Comment a-t-elle pu vous dire ça ?

    A - Disons que j'ai compris entre les lignes... Elle t'a aidée... Financièrement.

    M - Elle m'a aidée ! Elle se vante de m'avoir aidée !!! ... Je vais vous dire Andrée, je crois que c'est la phrase la plus cruelle que j'ai entendu depuis des années. Elle se vante de m'avoir aidée.

    A - Tu ne vas quand même pas te mettre à pleurer. Qui est le père de Titouan? Dis le moi. Je suis sa grande-mère, j'ai le droit de le savoir.

    M - Et quand vous le saurez, vous en ferez quoi ?  Yves a élevé son fils, il n'y a rien d'autre à dire. Je ne dirai rien d'autre.

    A - Ne comprends-tu pas que je suis juste une grand-mère qui s’inquiète pour son petit fils.

    M - Bien sûr, et vous m'avez juste invitée en souvenir du bon vieux temps. Et bien là, voyez-vous, vous remuez le mauvais vieux temps. Aussi je vais vous quitter. Je suis déçue de vous, Andrée. Vraiment très déçue. Vous me peinez.

    A - Maxime, tu vas enfin me dire qui est le père de Titouan. Arrête tes cachoteries de gamine.

     

     

    M - Vous voulez la vérité ?

    A - Je t'écoute.

     

     

    A - Je t'écoute Maxime.

    M - Demandez plutôt à Solène qui .... Ne demandez rien.

    A - Maxime, qui est le père de cet enfant ?

    M - Roland Lauric , j'ai retrouvé c'est Lauric,  Roland Lauric.

     A - Et le père de mon petit fils ? C'est lui aussi ?

    M - Je ne vous ferai qu'une réponse : A cette époque là, Solène a couché avec tous les mecs qui l'ont voulu. Amusez-vous si vous voulez à en faire la liste avec elle, mais ne lui demandez pas qui est le père, elle ne le sait pas. Je suis la seule sur cette Terre a en connaitre l'identité. Solène n'a même jamais chercher à me la demander. Vous voulez connaitre le père de votre petit fils et bien elle, votre fille, ne s'est jamais souciée de savoir qui était le père de l'enfant qu'elle élevait. Mais vous dites qu'il est le portrait craché de son père, ceci explique probablement cela.

    A - Mais tu me racontes quoi là, qu'elle avait les yeux bandés et que c'était toi qu'il décidait de qui pouvait ou non entrer dans la chambre ?

    M - Et la question suivante c'est quoi ? Combien m'a rapporté de prostituer votre fille ? Comment ai-je pu tant vous admirer enfant ? Je vais vous faire une promesse : vous le saurez. Oui vous aurez la réponse à votre question. Mais si et seulement si Titouan veut vous le dévoiler. Il n'y a plus qu'à lui que j'accepte de parler dorénavant. Vous pouvez même le prévenir que je le cherche. Et Solène vous le confirmera, même une triple sotte comme moi, quand on cherche on trouve.

     A - Maxime tu te joues grande Dame mais tu n'es toujours qu'une petite fille pleurnicharde pour moi. Tu vas arrêter tes menaces, cela ne prend pas avec moi. A qui ressemble mon petit fils ?

    M - La boucherie n'a pas besoin d'un ravalement de façade ?

    A - Ne change pas de. OH!!!!!!!!!!! Fouques, c'est un Fouques ! Mais comment n'ai-je pas deviné, il est le sosi de Jean François.

    M - Jean François Fouques !

    A - Non Jean François Baillec'h, le fils de Patricia. Elle a épousé un Baillec'h. Tu sais le poulailler qui a brûlé l'an dernier sur Trémorel, c'est à eux. Jean François travaille avec Romain, son oncle. Romain n'a pas d'enfant. Sylvie  en voulait. Elle a eu du mal à tomber enceinte et quand elle le fut, il l'a faite avorter. Enfin c'est ce que l'on raconte. Sylvie Scruiffec, la famille Scruiffec, le bar des sports, c'est elle, sa femme. Après l'avortement, elle a grossi et elle a but aussi. Pendant un temps elle a travaillé chez la fleuriste, mais elle est devenue si grosse et surtout si ivre qu'elle ne sort plus de chez elle. On dit que l'alcool en est la raison, mais c'est surtout à cause des filles de Dalida. Tu te souviens des jumelles et de la femme que l'on appelait Dalida. Tu sais celle qui recevait des hommes pendant que ses jumelles étaient à l'école. Elles ont été dans la même classe que Solène et toi, non ?

     

    M - Dalida ! Vous êtes encore sur cette misère. C'était juste une femme pauvre qui arrivait du Portugal. Elle s'appelle Anita, pas Dalida mais Anita. Les jumelles sont Joséfina et Délia. Elles étaient des gamines très bien. Vous n'en avez pas marre du racisme ?

     

    A - Des filles très bien ! Une pauvre maman ! Dis le à une autre. Simplette et calculatrice. Les jumelles ont toutes les deux un fils, et du même père, de Romain Fouques.  Romain ne les a pas reconnus mais il ne dément pas les rumeurs. Et elles, il fut un temps où elles le criaient sur tous les toits. Elles sont même allées, avec les gosses en poussette, frapper à la porte de chez Sylvie. On les a vue. Une honte. Romain sort souvent de chez elles. Aujourd'hui encore. Il passe presque tous les dimanches chez Dalida. Comment veux-tu que Sylvie aille bien ? Les jumelles n'ont jamais quitté leur mère, elles vivent toujours avec Dalida. Les bâtards sont à Paris. L'un y est pompier et l'autre policier. Enfin c'est ce que l'on raconte.

    M - Et bien vous pouvez aller offrir un cubi de rouge à Sylvie, car Romain à un troisième bâtard, votre très cher petit-fils : Titouan. On va pouvoir vous appeler Sheila maintenant que vous êtes de la famille de Dalida.

    « 131 - Jean Charles.133 - Andrée. »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 16 Juin à 08:46

    La fin part en délire mais j'ai bien ri.

    Bon pour Maxime et Solène mon hypothèse se confirme ...

    Cette fois je pense ne pas me planter

    Quelle famille vigoureuse les Trempettes !

    2
    Samedi 17 Juin à 10:35

    Tu sais ce que l'on dit : aucun roman ne va + loin que ce qui existe. J'ai travaillé dans le social, crois moi les familles particulières sont nombreuses. Un roman n'invente rien, il additionne des réalités.

    Regard nôtre petit macron, il est dans la même classe qu'une fille et il en épousera la mère.

    Oui il est urgent que le 230 soit mis en eau.

    Les choses approchent : hier soir j'ai passé 3h à déménager le bureau pour pouvoir y intégrer l'aqua. Je ne le voulais pas contre un mur, j'aime pouvoir en faire le tour.

      • Samedi 17 Juin à 13:00

        Mais quel boulot cela représente.

        J'imagine bien que dans ces écrits il y a de l'inspiration réelle.

        Je viens de lire : tristes pensées pour Guic ...

         

      • Samedi 17 Juin à 22:31

        Majoritairement les gens disent : roman = bribes de ta vie. Je trouve cela affligeant.

        Je n'oublierai jamais ma première confrontation avec le public. Première question : C'est autobiographique ? J'avais 23 ans et le texte était une lettre écrite par une femme qui annonçait à son mari qu'elle le quittait. Les enfants étaient grands, tous partis de la maison. La femme était muette de naissance. 

        J'ai été halluciné de la connerie de la question. Je n'étais pas muette, je n'avais ni mari ni enfant, j'étais l'âge des enfants, bref où pouvait on y voir de l'autobiographie. 

        Ensuite j'ai compris que les gens sont si dépourvus d'imagination et si fermer aux détails de la vie, qu'ils ne peuvent pas comprendre ce qu'est un roman.

        Un roman c'est un sujet. Ex ici "avoir un fils". Ensuite un définition : qu'est-ce être mère, être père, être le fils. Là on additionne déjà beaucoup de matière. Ensuite il faut une trame, soit "on va dire que" et c'est le début des personnages.

        Ensuite quand on a tous nos personnages on passe en phase rédactionnelle et les personnages s'étoffent, s'imposent.

        Cole était un personnage génial pour ça, il m'emmenait "haut". Maxime se laisse écraser donc elle ne conduit rien. C'est Marie Nelly qui est la plus forte pour faire évoluer le texte.

        Quand tu commences un roman, tu poses le point A et tu crois que le livre finira au point B . Faux, il finit toujours ailleurs. L'essentiel est de ne pas perdre l'histoire.

        Un livre raté c'est un livre qui évolue tellement tout au long du texte qu'après avoir lu la fin tu réalises que le début n'est plus possible.

        En fait un roman = une balade en forêt. Les chiens et les personnages vont dans les directions qui leur conviennent mais toi tu es là pour tenir la route et faire en sorte qu'à la fin, on retrouve la voiture.

      • Dimanche 18 Juin à 07:41

        En gros, aspirer au fond de sa cervelle son contexte et son environnement pour mieux le représenter, un jour ..

         

    3
    Samedi 17 Juin à 18:24
    Dani & ses Chats

    RIP Guic  arf

     

    4
    Danielle et =^.^=
    Samedi 17 Juin à 20:42

    Contente que Kiana et Irina se portent mieux .... et vraiment désolée pour Guic ... un petit poisson ...une petite lumière ... et douces pensées....

    5
    Dimanche 18 Juin à 21:21

    Dur pour Inaïs, la pauvre ..

    6
    Dimanche 18 Juin à 23:36
    Dani & ses Chats

    Cela doit l'épuiser de couver autant

    par cette chaleur en plus !

    C'est dingue, n'y a t-il pas un truc à lui donner pour qu'elle arrête ????

    La pauvre, c'est triste !

    Bises Sereine, miaou x 7 pour tous.

      • Lundi 19 Juin à 14:09

        Tu l'enlèves, elle y retourne en courant, tu enlèves les oeufs, elle s'en fout elle couve rien et quand il y a un oeuf dans un autre nid, elle change de nid.

      • Mardi 20 Juin à 19:00
        Dani & ses Chats

        :-/

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :