• 126 Andrée & Solène.

    A - Si je résume ta pensée, tu veux prostituer ta mère.

    S - Maman mais que dis-tu là ? Ai-je utilisé ce mot ? Non. J'ai juste parlé de te rapprocher de Max Léonard. Papa l'a toujours apprécié. Toi aussi que je sache. Il est bel homme, bien conservé. Peu d'hommes de son age ont encore autant de cheveux que lui. Et sa vitalité. Il a de l'humour aussi, ce qui n'est pas donné à tout le monde.

    A - Il est gros et taiseux.

    S - Au fil des années vous vous êtes perdus de vu alors que vous êtes voisins. C'est dommage. Tu connais les hommes, ils se jouent superhéros mais ils sont perdus sans une femme. Ce sont tous des forts en gueule, mais de gros lâches dans la vie. Tu te souviens ce que disait Claude : les hommes ont des couilles en décoration et les femmes en ont dans les tripes. Elle avait raison. Le monde est dirigé par les femmes, tu le sais aussi bien que moi. Les hommes signent au bas des pages mais tout le boulot est fait par les femmes. Je te disais juste de lui passer un petit coup de fil, de l'inviter à dîner. Je ne vois pas où est le mal, maman.

    A - Et tu veux surtout que je le fasse mettre sa fille à la porte.

    S - Maman tu sais comme moi qu'un commerçant est une personne exposée. Elle ne peut ni faire de la politique, ni se mettre quelqu'un à dos. Le moindre faux pas et c'est le chiffre d'affaire qui coule.

    A -  Je ne te comprends pas Solène. Maxime et toi vous avez passé toute votre enfance ensemble. Avec Claudine aussi, mais tu as toujours été plus proche de Maxime que de sa soeur. Toutes vos premières fois vous les avez vécues ensemble. Ce n'est pas rien ça, cela marque une vie. Maxime a été comme ta soeur sur des années. Pourquoi l'accabler aujourd'hui ? Je vais te dire ma fille. Si j'invitais Max à manger, ce qui n'est pas une mauvaise idée en soit, je lui dirais que je suis heureuse qu'il ait accueilli sa fille. Car c'est vrai, son retour me fait plaisir. Et puis c'est le rôle d'un père d'être là quand son enfant est dans le besoin. Quelque soit l'âge de l'enfant. J'ai toujours apprécié Maxime. Tu le sais très bien. Je me souviens d'elle comme d'une petite fille timide, polie, suiveuse, manquant certes de force de caractère mais bien gentille et très bien élevée. Elle t'adorait pour ne pas dire te vénérait. Pour ne rien te cacher, Solène, pas plus tard que ce matin je l'ai prise dans mes bras.

    S - Tu as pris Maxime dans tes bras !

    A - Oh Solène ne me regarde pas comme ça, ce n'est pas une criminelle, une terroriste. Elle n'est pas porteuse d'une maladie contagieuse. J'ai été heureuse de la revoir au bout de toutes ces années. Oui heureuse. Et je crois qu'elle aussi fut contente de pouvoir m'embrasser. Elle me l'a dit : elle a de très bons souvenirs à la maison.

    S - Tu es folle Maman de t'exposer avec elle ainsi.

    A- Solène, que de grands mots ! Je ne me suis pas exposée. Ne te trompe pas, je suis bien consciente que tu as raison. Elle fait du tord au commerce de son père. Les gens ici n'aiment pas les personnes comme elle. La famille c'est sacré, on ne tue pas ses enfants. Mais je vais te dire ma fille : tu es sotte. Max ne mettra jamais sa fille à la porte. Si il l'a reprise chez lui, ce n'est pas pour la rejeter ensuite. Tu sais comme moi qu'il ne vit pas en dehors de son fournil, ce qui se passe dans la rue, il l'ignore, donc si son chiffre d'affaire coule il ne saura pas en dire la raison. Et comme maintenant les comptes sont entre les mains de Maxime, elle seule devra en tirer les conclusions qui conviennent.

    S - C'est pour ça Maman que je te dis qu'il faut que tu te rapproches de Max, pour lui ouvrir les yeux. Il va perdre ses boulangeries sans rien voir venir.

    A - Solène, je te connais. Ne me fait pas croire que cela te désolerait que les Léonards ferment boutiques. Je me souviens très bien quand ils ont repris le local des Cossons. Tu pensais qu'ils fermeraient leur boulangerie collée à la boucherie et tu t'es réfugiée chez eux, sans attendre, pour leur faire une offre. Tu es revenue malheureuse comme les pierres quand tu as compris qu'ils ouvraient un second commerce, que nous ne pourrions pas agrandir. Alors aujourd'hui n’essaies pas de me faire croire que cela te ferais mal au coeur d'apprendre qu'ils enclenchent une procédure de dépôt de bilan. Oublis Maxime et songe à la librairie qui va fermer.

    S - tu changes de sujet là.

    A - Mais non ma fille, je ne pense toujours qu'à ton bonheur. La librairie. Songe à son emplacement, c'est le meilleur de la commune. Tu crois que le fond de commerce va rester libre combien de temps ? Solène, réfléchis. Tu vois où je veux en venir ?

    S - Au " Déjeuner sur le pouce". 

    A - Vas voir la mère Maündec'h. Tu ne voudrais pas que Maxime soit plus rapide que toi.

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 20 Mai à 21:03

    Quel monde .. une teigneuse asses vicelarde et manipulatrice, et une mère calculatrice ...

    2
    Dimanche 21 Mai à 20:42

    Je te le dis : jamais je n'ai eu un livre avec autant de gens laids .... quoique dans certains.

    3
    Dimanche 21 Mai à 21:02
    4
    Mardi 23 Mai à 20:15
    Dani & ses Chats

    Je suis dans la 3e circonscription, canton XII.

    (Nathalie Dehan)

    Merci pour le lien.

    Bonne soirée.

      • Mercredi 24 Mai à 20:49

        Je t'envie, j'aurai tellement voulu ENFIN voter pour un animaliste.

    5
    Mercredi 24 Mai à 15:28
    Sylvie barbizon

    Parfois la famille, il n'y a pas pire...la mère est vraiment perfide!

      • Mercredi 24 Mai à 20:51

        La fille est bien pire. Enfin je trouve.

    6
    Jeudi 25 Mai à 06:06

    ça en fait du monde dans l'eau 

      • Jeudi 25 Mai à 09:03

        Oui il est tant que mes prochaines vacances arrivent pour mettre en place le 230, car je vais finir par avoir à la maison ce que je combats : des camps de concentration.

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