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    Tu viens me consoler Geaidydy, c'est gentil.

     

    Tu vois quand je t'ai vu, la première fois, il y a presque quatre semaines, j'avoue que je n'ai pas aimé qu'elle arrive avec un chat. Tu étais le négatif d'Halka. Et bien tu vois à cette seconde, tu es la seule chose de positive qui vienne d'elle. Si là elle était en train de faire ses valises, je dirais un gros OUF, mais j'aurai une pointe de peine de te perdre. Malheureusement elle ne fait pas ses bagages et vu comment vont les choses, je m'attends à ce que dimanche elle me donne l'argent pour rester une semaine de plus.

     

    Tu vois Geaidydy, quand Solange m'a annoncé qu'elle allait vendre la petite maison au fond de sa pelouse, que Gérard avait si bien rénovée, j'ai cru là à un nouveau soleil dans ma vie. Je sais bien que depuis la mort de Xavier je me traine, je souris en surface mais je suis éteinte à l'intérieur. Alors tu vois, j'ai eu comme une lueur d'espoir. Je me suis mise à m'imaginer dans cette petite maison, à unir ma vie à celle de Solange. Tu vois j'ai imaginé des dimanches sans solitude, des soirées autour d'un verre, des projets en communs. Oui, une lueur d'espoir est née, a grandi en moi.

     

    Avoir un humain avec qui partager.

     

    Tu vois Geaidydy, on croit que le plus dur c'est de lutter seul, de n'avoir personne quand on a un problème. Ce n'est pas vrai. Tout problème a une solution et donc il y a des professionnels des solutions. Dans les pages jaunes tu trouves toujours quelqu'un pour t'aider en cas de coup dur. Non, tu vois, le plus terrible se sont les moments de joie, toutes les fois où tu as gagné, où tu as réussi, où il t'arrive un truc génial. Dans ces moments là, de n'avoir personne avec qui ouvrir, partager ce bonheur, c'est terrible.

     

    Alors tu vois Geaidydy, j'avais cru qu'avec Solange, j'aurai à nouveau quelqu'un à mes côtés pour tout partager. Mes parents, Bénédicte, ma soeur, je les sais présents mais ils sont loin, ils ont leur vie. Ils vont par deux. Solange devenait seule, comme moi. Alors oui tu vois je me suis inventée une belle histoire d'amitié.

     

    Pour un rêve j'ai mis mon appartement en vente, et en moins d'un trimestre il a trouvé preneur. Alors tu vois, j'ai cru que la vie pensait comme moi, qu'elle aussi voulait que je me rapproche de Solange. Quand on travaillait ensemble on s'entendait si bien.

     

    Elle a été heureuse de me vendre sa petite maison, elle l'a dit, redit et je la crois. Je la connais, elle ne me mentait pas.

     

    Pourquoi ai-je pris une colocataire, une semaine après mon emménagement ? La peur du vide ? Je n'en sais toujours rien. C'est vrai que de quitter mon appartement ce fut un peu comme perdre mon dernier lien à Xavier. Ici ce n'est pas chez nous, chez moi, c'est plus vaste, beaucoup de meubles sont à la maison puisque Gérard l'avait meublé, il voulait en faire un guide par une location vide. C'est vrai que je ne me suis pas sentie entrant chez moi le premier soir après mon travail. Ni même le second. Et puis il y a le silence de la campagne derrière les murs. Le bruit du centre de Rennes fait partir de ma vie. Je vivais avec depuis tellement de temps que le silence me met mal à l'aise. Le bruit c'est comme le noir de la nuit ou les cris de l'orage, pour moi c'est un épais mur de protection.

     

    Alors tu vois Geaidydy, quand Gildas ... Gildas ! Je lui avais promis de le rappeler, je ne l'ai pas fait. Lui non plus d'ailleurs. 

     

    Quand à l’hôpital il m'a demandé comment j'allais, que j'ai répondu que ma maison, nouvelle, était trop grande pour moi, et que Lukasz s'est infiltré dans la conversation pour se libérer de sa soeur, et bien, non je n'ai pas dit pourquoi pas, j'ai juste laissé faire. Lukasz avait de la motivation pour deux, pour trois. J'ai laissé faire. C'est une fois l'acceptation donnée que j'ai pensé pourquoi pas.

     

    Et puis quand Halka m'a dit qu'elle s'était sentie prise au piège, qu'elle m'a dit qu'elle ne resterait pas longtemps, et quand on a rit ensemble, plus tard, et quand je te caresse Dydy, je suis presque contente de votre présente, de m'être laisser embarquer.

     

    Mais Halka va trop loin, trop trop loin. Je ne sais pas ce qu'elle a été dire à Solange mais pour que Solange ne m'en ait pas parler au téléphone ou de vive voix c'est qu'elle doit être déçue de moi, et préfère se tenir éloigner plutôt que de me dire comme je l'ai déçue.

     

    Tu vois quand Samuel est venu (heureusement que je l'avais vu à l'enterrement, sinon je ne l'aurais pas reconnu ) j'ai cru à une visite de courtoisie. Mais quand il m'a dit être là car sa mère l'avait appelé en urgence à cause de moi, doux Dydy je te jure que je n'ai pas compris. Alors je l'ai laissé parler pour comprendre. Tu te rends compte, tu te rends compte, Halka a affirmé à Solange que non seulement je voulais une clôture entre nous mais que j'exigeai qu'elle en finance 50%. Jamais, jamais je n'ai voulu ça.

     

    Samuel trouve le projet normal, et il juge tout aussi normal que sa mère en finance la moitié. Le plus fou c'est qu'il en a déjà parlé avec un ami entrepreneur. Il a tout prévu déjà. Une visite de courtoisie !

     

    tu vois tous ces papiers là Geaidydy, et bien c'est la clôture. Les prix, les poteaux, les grilles, le portail .... Il a déjà tout pensé, calculé. Il dit qu'il n'a eu qu'à ressortir le devis de son père.

     

    Samuel est reparti comme il est arrivé : enthousiasme. Et moi, moi je ne suis que peine et désolation.

     

     

     

    Je veux que Halka parte de chez moi. Je te jure que si Xavier était là, elle serait accueilli avec une envolé du pouce et de l'index, et crois moi, il ne lui faudrait pas longtemps pour comprendre que cela veut dire qu'elle doit s'en aller sur le champ.

     

    Tu vois Geaidydy quand elle raconte que Jean Christophe lui a interdit de remonter dans la voiture, le jour de l'incendie, que trois secondes avant leur couple allait bien et que trois secondes après il était mort, j'ai toujours su qu'elle cachait quelque chose. Mais maintenant je n'y crois plus. Maintenant je pense qu'elle ne se rend pas compte comme elle a un pouvoir de nuisance. Jean Christophe a du trouver ce jour là, la force de dire stop. D'avoir tant perdu a du lui rendre sa présence insupportable.

     

    Nous sommes vendredi soir. Je ne peux pas la mettre à la porte comme ça. Je ne veux pas que tu te retrouves enfermer des jours et des jours dans une voiture faute d'avoir un logement doux Dydy. Je vais aller passer le week-end chez Bénédicte. Tu te rends compte c'est moi qui suis chez moi, et c'est moi qui m'en vais ! Josuah est en déplacement, je sais que je serais bien reçu. Et dimanche soir quand Halka me donnera l'argent du loyer de la semaine qui vient, je lui dirais que c'est la dernière.

     

    Je ne veux pas me battre. Je n'en ai ni l'envie ni la force. Je veux de la paix chez moi. De la paix. J'ai déjà perdu le bonheur, je veux garder la paix.

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  • Commentaires

    1
    jean-marc
    Mardi 22 Décembre 2015 à 09:21

    Les "animaux" sont de fabuleux confidents ... bribe de vie.

    2
    Mardi 22 Décembre 2015 à 20:58

    Au USA il y a + d'enfants qui vivent avec un animal de compagnie qu'avec leur père. Et donc non ils ne sont pas secondaires. Une pensée pour ma petite soeur chien Kim.

    3
    Mardi 22 Décembre 2015 à 22:52
    erato:

    Comme souvent , l'animal de compagnie , ami sincère , est un merveilleux confident.Cela permet d'exprimer à haute voix ses peines , ses souffrances sans crainte du regard de l'autre .

    La co-location est à double tranchant .Si l'entente et le respect sont de mise tout est bien, sinon c'est une véritable plaie.

    Être chez soi et partir pour être tranquille , c'est paradoxal .Halka est un coucou!

    Belle soirée Sereine

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